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Même si les biopics sont souvent mal vus par les cinéphiles (qui les considèrent souvent comme trop académiques et ennuyeux), la plupart possèdent quand même une vertu indéniable: celle de mettre un focus , par un biais autre que documentaire, sur une personnalité souvent exceptionnelle de par son action et des répercussions de son action sur un plan historique.

Ainsi, quelques semaines après Alan Turing qu'Hollywwood a choisi de mettre en lumière,  Selma , qui sort mercredi salles et que j'ai pu voir en avant première il y a une dizaine de jorus, est  l'autre grand biopic américain de ce début d'année, et qui est, peut-être encore plus qu "Imitation Games" ,un film d’une grande importance fondamentale, car, associé à des vertus pédagogiques indéniables, le film d'Ava DuVernay possède également des qualités cinématographiques incontestables.

Certes, d'aucuns ont affiché un peu de mépris à l'égard de ce "Selma", le qualifiant péjorativement de "film à Oscars ", car à l'instar de "Imitation Games", le film était nominé sur pas mal de catégories notamment  dans la catégorie de meilleur films ( et n'a reçu qu'une seule statuette celle de meilleur film),  et pourtant ,à mon sens le film mérite mieux que cela, et pas seulement car Martin Luther King le personnage central du film est une personnalité extraordinaire de l'histoire des USA

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 Aussi étrange que cela puisse paraitre, parmi la quantité ahurissante de biopics sur de grands personnages de l’histoire, ou sur la lutte contre le racisme, aucun ne s’était encore jamais centré sur Martin Luther King, figure oh combien incontournable de ce combat.

Autour de  ce défenseur emblématique de la cause des noirs, Selma est donc le premier à voir le jour, mais de façon plus originale et subtile qu'un biopic  classique à la Malcolm X  (qui avait cependant toute son efficacité, Spike Lee oblige puisque le long métrage  de Duvernay ne reconstitue pas la vie entière de Martin Luther King.

En effet, "Selma" se focalise sur une courte période de la vie de Luther King, à savoir juste après la victoire du "Civil Rights Act" de 1964, la loi qui a aboli la ségrégation dans le sud des USA. Le film est donc l'occasion d' évoquer le combat des afro-américains du Sud des Etats-Unis, et à travers lui, le combat de toute la communauté noire. Le film s'attache donc à nous raconter dans les détails comment a été mis en place la longue marche historique de Martin Luther King, au départ de cette ville d’Alabama et met ainsi en lumière la lutte stratégique de ce militant pacifiste, parvenu à forcer le président Lyndon B. Johnson à promulguer la loi sur le droit de vote aux citoyens afro-américains.

Bref, évitant la lourdeur  et le didactisme de films sur le même sujet comme Lincoln ou JFK, Selma sait nous émouvoir devant l’intolérance et l’injustice et réussit à nous renvoyer à l'actualité, car le sujet est toujours dans lair du temps.

Evitant les clichés et les raccourcis inhérents à ce genre de film, le scénario de  Selma surprend agréablement par son intelligence, sans pour autant perdre l'attention du spectateur.

Le film vaut aussi pour  l’excellente prestation de David Oyelowo ( vu récemment dans le génial A most violent year), troublant de ressemblance  en Martin Luther-King qui nous fait ressentir parfaitement les doutes du pasteur King dans son combat, ainsi que ses incroyables dons d'orateurs.

Bref, en ces temps actuels ouvertement racistes," ce Selma" s'avère être une piqûre de rappel citoyenne et nécessaire, mais aussi un film réellement touchant et captivant. 

Bande-annonce : Selma - VF