trois films francaisUne fois n’est pas coutume, je ne vais pas, comme j’ai l’habitude de le faire tous les mercredi, vous conseiller les 3 films que j’aimerais voir dans les sorties en salles, mais au contraire, vous alerter sur les derniers films que j’ai vus au cinéma et que d'ailleurs,  je ne vous conseille pas forcément de voir :o)

Pourquoi modifier mes bonnes(?) vieilles habitudes : d’une part, parce que cette semaine du 29 avril me parait assez pauvre en films incontournables (on voit que le Festival de Cannes approche à grand pas) et d’autre part, parce qu’il est plus que temps que je récupère un peu mon retard de chroniques de films vus en salles, en regroupant trois d’entre elles : trois films français qui sont radicalement différents les uns des autres mais qui ont au moins un point commun entre eux : j’ai été loin d’être convaincu en les voyant..

Je ne sais pas si c’est parce que quelques blogueurs et internautes m’ont laissé entendre la semaine passée lors de ma très tiédasse chronique du film de Jamel que mes critiques étaient très souvent très bienvaillantes, passant plus de temps à soutenir un film qu’à le défendre, que pour ce mercredi matin, je vais faire une petite revue  pas bien sympathique, de trois films vus en salles qui m’ont largement laissé sur ma faim, surtout pour les deux derniers d’entre eux…

 1.Voyage en Chine : Yoyo Moreau perdue dans l'Empire du Milieu

 

voyage-en-chine_4-fac1eCe film là, j'en attendais beaucoup comme je l'avais dit dans mon billet concours début mars,  tant cette histoire de Liliane, jouée par Yolande Moreau qui part en Chine pour la première fois de sa vie afin de rapatrier le corps de son fils, mort dans un accident, promettait une belle plongée dans cette culture si lointaine, avec ce voyage marqué par le deuil devient un véritable voyage initiatique.

Le problème est que ce voyage initiatique en question  repose sur une intrigue trop ténue et trop prévisible ( on se doute bien dés le départ que Liliane va profiter de ce voyage pour se retrouver,  et le scénario ne sort jamais vraiment des rails dans lequel il se pose), et que le jeu de Yolande Moreau ( désolé pour ce cher Michel qui l'aime tant, il avait qu'à faire la critique :o), est trop minimaliste et proche de ses compositions passées pour convaincre vraiment dans ce choc culturel.

Le film se résume trop vite aux aventures de Yolande-Liliane, face à l'administration chinoise, face aux incongruités culturelles,  et le spectateur ne peut s'empêcher de réprimer un baillement malgré la gravité du sujet ( le travail de deuil et le rapprochement d'un fils et de sa mère à travers la mort).

Le cinéaste a tant voulu éviter le pathos que comme c'est souvent le cas dans certains films français, l'aspect trop documentaire prend le pas sur la fiction et empêche l'émotion d'affleurer.

Malgré ces réserves, reconnaissons que le cinéaste -et photographe de profession Zoltan Mayer- est parvenu en quelques séquences  à capter l'essence d'un pays, la Chine, qui visiblement est un pays qu'il aime particulièrement. 

En résulte ainsi, maissurtout vers la fin du film, une ambiance bien particulière que le metteur en scène a souhaité retranscrire à travers le cadre et la lumière naturelle, pour une atmosphère des plus sobres, pour que l'attention se porte sur la beauté des paysages.

Dommage qu'il n'ait pas autant soigné son scénario et son personnage pour que "Voyage en Chine" reste plus ancré en nos mémoires.

Voyage en Chine - Bande-annonce

2. Entre amis : 6 amis partent sur un bateau et c'est le film qui tombe à l'eau

 entramis

A des années lumières de "Voyage en Chine",  juste quelques mots- ca ne mérite pas beaucoup plus- sur "Entre amis", une comédie française populaire, plutot ciblée troisième âge, au vu de l'âge des protagonistes, et de la fatigue qui semble s'être emparée de toutes les bonnes (?) âmes de l'entreprise.

J'ai eu envie de voir "Entre amis" en avant première- au grand étonnement de (re)Michel qui ne comprend pas que je rate volontairement de  grands films et que j'aille voir ce genre de cinéma là- il y a plusieurs semaines, uniquement parce que la projection était en présence de Jugnot et d'Auteuil ( ce soir là qui donnaient l'impression d'être en service commandé, et qui semblaient plus se préoccuper plus du diner copieux qu'ils venaient d'ingurgiter que du film eux même) et que je me disais que parfois, certains films de potes arrivent à  retrouver une petite partie du charme des meilleurs du genre,  de "Mes Meilleurs copains "aux films d'Yves Robert/ JL Dabadie, ces films sur l'amitié que je ne lasse jamais de revoir.

Hélas, pas de Jean Loup Dabadie dans les dialogues de ce "entre Amis"  qui au contraire,  recyle tous les clichés et situations éculées de ces films sur  l'amitié et des retrouvailles. Cette histoire d'un groupe d'amis de longue date qui se décident à se retrouver pour partir en vacances ensemble pour une croisière vers la Corse sur un voilier ne décolle jamais, et tout donne une incroyable de paresse, et dans l'écriture et dans le jeu des comédiens qu'on a connu sacrément plus inspiré ( surtout Auteuil qui surjoue totalement du début à la fin).

On sauvera du naufrage devant et derrière la caméra  la présence  de Jean-Philippe Ricci en skipper corse mal embouché, mais hélas, celui ci va vite ne plus pouvoir dire un mot à cause d'un rebondissement (?) de scénario qui achève de rendre le film pas crédible pour un sou. 1h30 de non-jeu, de clichés irritants, d'écriture bâclée et de mise en scène absente, bref, cet "entre amis" prouve une nouvelle fois- après mes 4 chroniques  très mitigées consacrées depuis le début de l'année au genre- que la comédie française manque souvent de talent et d'idées. 

Bande-annonce : Entre Amis

3. Le dos rouge: Bonello en a plein le dos... le spectateur aussi!!

CIN-DOSROUGE_normal

A la totale extremité de "Entre amis" dans l'échelle du cinéma français, ce "Dos Rouge" n'est pas forcément plus recommandable, malgré toute l'affection que j'ai pour le distibuteur, Epicentre.

ON est dans le beau Paris - celui des musées (Louvre, Musée de l’Orangerie, Centre Pompidou), des parcs et des grandes avenues -  et le film se propose de suivre sur 2h07 ( diable 2h07) Bertrand Bonello, qui joue plus ou moins son propre rôle en cinéaste en quête absolue du tableau de maître qui inspirera sa prochain œuvre.

Si on peut louer l'ambition du cinéaste et  cette de laisser les acteurs libres face aux oeuvres qui donne un aspect ludique et peu en  et arpente les allées des plus beaux musées de la capitale, découvrant ou redécouvrant les œuvres de Chassériau, Caravage, Moreau et Miró, on est vite consterné par l'élitisme et la prétention du résultat.

Discours sentencieux et vains sur le pouvoir de l'art, accumulation de scènes incompréhensibles et irritantes au possibles,ce dos rouge  donne l'impression de ne concerner que quelques happy fews  du monde de la culture, et de ne pas du tout se préoccuper du spectateur lambda. 

L'histoire de cette mystérieuse tache rouge qui s'élargit dans le  dos d'un Bonello pas mal pour son premier rôle principal devient vite une allégorie de la monstruosité qui s'empare de tout artiste, mais une fois cela compris, le film  multiplie les références absconces, manque trop de cohérence  et surtout est beaucoup trop interminable  pour un tel sujet et un tel rythme dans la mise en scène( 2h07 qui en parraissent facilement le double!)...

Un projet singulier sur le papier pour un résultat qui frappe finalement par sa vacuité et son sectarisme, si cette perspective vous interesse, je vous aurais prévenu...

Le Dos Rouge - Bande Annonce - Au cinéma le 22 avril

Allez, promis mes prochaines chroniques ciné seront bien plus sympathiques... jouer les méchants,et dégouter les gens d'aller au cinéma franchement, ca me dit pas plus que cela, surtout le jour des sorties ciné :o)