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 La veille de l'ouverture du Festival de Cannes, on continue à parler cinéma, et à rattraper un peu les chroniques de films vus en salles il y a maintenant plus d'un mois avec "En equilibre", le nouveau film de Denis Dercourt, vu en avant première deux semaines avant sa sortie le 15 avril dernier.

Denis Dercourt est un cinéaste que j'aime particulièrement. Voilà un cinéaste, réalisateur de "la tourneuse de page",   au départ musicien, qui dit écrire de la même manière qu'il compose, c'est à dire à la recherche de la tension et du bon tempo.

Depuis plusieurs films, il compose un univers à mi-chemin entre le film d'auteur et le cinéma accessible et populaire, et j'avais énormément apprécié son précédent film Pour ton anniversaire, hélas passé inaperçu. Denis Dercourt  y confirmait son gout pour les atmosphères troubles et torves  avec cet excellent thriller psychologique qui s'auuyait sur une intrigue éminement tortueuse et cinglante,

Changement de registre pour En équilibre, car même si le film parle encore de musique ( l'héroine  a jadis délaissé le piano pour faire un métier plus conventionnel mais qui ne la rend pas heureuse), Dercourt opte ce coup ci pour  un mélo amoureux  plutot classique sur le papier entre deux personnes opposées, un cascadeur de cinéma devenu handicapé suite à une mauvaise chute et une agent d'assurance qui a abandonné ses rêves de jeunesse.

Cette rencontre amoureuse entre deux blessés par la vie a souvent été traitée au cinéma, c'est d'ailleurs un genre que j'aime tout particulièrement, et malheureusement la mise en scène de Denis Dercourt, moins inspirée que d'habitude n'arrive pas forcément à transcender ce sentiment de déjà vu.

On aurait  sans doute aimé plus d'inventivité, plus d'audace, plus d'inspiration dans la réalisation pour sublimer cette belle histoire d'amour qui n'arrivera pas au niveau d'un Sur la route de Madison auquel elle peut faire penser parfois.

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Sans doute aussi que le personnage de Dupontel ne doute pas assez pour être vraiment attachant et touchant, mais en même temps c'est cette assurance et puissance dégage le cavalier qui touche profondément le personnage de Cécile de France, dont les questionnements et les interrogations sur la vie qu'on aurait aimé avoir m'ont certainement plus interpellés.

Malgré ces petites réserves, cet "En equilibre" se suit avec un plaisir évident pour qui aime les belles histoires d'amour/et ou de renaissance. Avec délicatesse et sensibilité, délicat, touchant et plein de sensibilité, et en s'auppuyant sur un beau duo d'acteur ( surtout Cécile de France, rayonnante) qui visiblement prend du plaisir à jouer ensemble, Dercourt orchestre une belle histoire tout en regards et non dits entre deux personnes dont la rencontre pourrait aider les deux à surpasser ses peurs et ses inhibitions.

Et la morale de l'histoire, cette  conviction et l’espoir que les rêves, à petite ou à grande échelle, peuvent devenir réalité…et qu'il il suffit de croire en soi et de rester en équilibre avec soi-même, ne peut qu'interpeller, car aussi classique soit il, ce message se mérite d'être dit et redit, surtout avec de belles fictions de cinéma comme cet Equilibre, qui devrait permettre à Denis Dercourt de rencontrer un plus large public que d'habitude.

 Bande-annonce : En Equilibre