refugiado

Après le déjanté et génialissime Les Nouveaux Sauvages, présenté en sélection officielle  un autre visage, plus intime et plus social,  du cinéma argentin  est venu de Cannes 2014 ,et il  nous est parvenu en salles le jour même de l'inaguration de cannes 2015, soit le 13 mai prochain.

Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs 2014, Refugiado, un film de Diego Lerman, est un drame intimiste et intime qui navigue entre deux genres: mi-thriller mi-drame social.

J'ai pu voir le film le jour de sa sortie en salles dans le seul cinéma qui le diffusait ( ce si précieux Comoedia, que ne ferait on sans lui?), et si le film laisse à sa sortie un petit sentiment d'inachevé et de frustration, on préfère en garder les bons moments, et surtout l'ambition de son sujet et la réussite de sa mise en scène.

Car le film est basé sur une idée à la fois simple mais rarement exploitée au cinéma :  raconter cette violence conjugale par le regard de l'enfant du couple.

La caméra ne quitte jamais ou presque Matias des yeux, un regard entre insouciance et une certaine lucidité, voire une vraie appréhension.

refugiados

Road movie - la mère de Matias et ce dernier ne cesseront d'être ballotés de refuge en hôtel ou famille qui veulent bien les acceuilir- plus que thriller,  le meilleur de ce  film du jeune cinéaste- 39 ans mon âge donc jeune :o) argentin est assurément lorsque ce dernier  adopte le regard encore innocent de l’enfant qui sent, mais sans vraiment tout comprendre,l'angoisse de sa mère et le danger potentiel que représente son père.

Les scènes les plus réussies sont celles où l'enfant- et parfois d'autres enfants avec lui vont transformer les lieux pour en faire des jeux plus beaux et plus innocents que le monde des adultes, témoin ces immenses salles vides du foyer qui devient un gigantesque terrain d'aventures où la moindre toile d'arraignée et le moindre rideau de douche peut faire effrayer.

Dommage que tout le film ne soit pas du même niveau et surtout que la menace du père violent soit trop abstraite pour rendre la partie thriller aussi haletante que voulue.

Bref, ce "Refugiado" est un beau film au point de vue ambitieux et fait  sans concessions  mais qui peut donner l'impression d'être un peu trop lent, et surtout de laisser le spectateur un peu sur sa faim.

On gardera en mémoire deux trois belles scènes (celles du jeu dans le foyer, mais aussi celle du retour dans l'appartement, plus incarné que les autres), anecdotiques  et surtout le régard si lumineux et émouvant de cet enfant confronté si jeune à la dure réalité du monde et à la folie furieuse de certains adultes.

Bande-annonce : Refugiado - VOST