HUNGRYHEARTS_DVD_3D

L’embouteillage des grandes sorties cinéma à certaines périodes ( bon, je reconnais que depuis plusieurs semaines , c’est quand même beaucoup plus calme, Cannes oblige) fait qu’on ne peut hélas tout voir ce qui sort en salles : ainsi, le 25 février dernier, soit le même jour que l’immense Birdman est sorti  "Hungry Hearts", un long métrage plus modeste et moins médiatisé mais que  j’avais bien envie de voir comme je le disais dans ma sélection du jour.

Si je n’ai pu accéder à ce souhait au moment de sa sortie ( il est passé en coup de vent sur ma région), je me suis vite rattrapé puisque j’ai pu voir le film quelques mois avant sa sortie en DVD le 7 juillet prochain chez Bac films, et je n’ai pas été déçu par ce film qui avait épaté son monde lors du dernier Festival de Venise ( avec un double prix d’interprétation  mérité pour son couple vedette, Alba Rohrwacher et Adam Driver.

hungry hearts

Ce nouveau long métrage de Saverio Constanzo  (auteur d’une adaptation pas très convaincante du bouleversant roman la solitude des nombres premiers  de Paolo Giordano)  ne se laisse pas facilement apprivoiser, tant il jongle avec les différents genres : scène de rencontre dans des toilettes d’un restaurant chinois insolite et burlesque, puis comédie romantique indépendante américaine, puis thriller psychologique sous tension et particulièrement éprouvant pour les nerfs .

On pourrait reprocher au film de manquer un peu d’unité, sauf qu’ici c’est plutôt un atout tant on ne sait jamais où le réalisateur veut nous amener. En effet, filmant caméra à l’épaule,  et parfois de façon un peu déformée, le réalisateur italien qui a filmé son huis clos à New York en grand adorateur de Cassavetes (même si on pense plus souvent à Polanski de Rosemary’s Baby), nous plonge dans l'intimité de ce couple de façon aussi dérangeante qu'intense jusqu’au dénouement final, forcément tragique.

hungry

Nous sommes plongés à l’intérieur d’une névrose maternelle  grandement liée à l’alimentation (elle craint toute nourriture pour son enfant), et ce sujet, pas mal d’actualité  et qui ne plaira pas forcément à tout le monde n’avait jamais été traité ainsi au cinéma.

Sans doute que le film aurait pu être peut-être encore plus viscéral et puissant sans quelques coquetteries  de mise en scène ( et notamment un excès de fondu au noir) mais porté par une interprétation habitée, notamment de la très inquiétante Alba Rohrwacher et du toujours génial Adam"Girls- Driver, il n’en reste pas moins hautement recommandable et incontestablement un des films les plus marquants que j’ai pu voir en ce premier semestre 2015.

Bande-annonce : Hungry Hearts - VOST