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« Au cinéma, je change de rang dans la pénombre en pleine séance, mais les décisions importantes je les prends vite et sans regrets. »

 "Les Fidélités", le premier roman de Diane Brasseur,  qui racontait  l'histoire d'amour autour d'un homme, la cinquantaine bien sonnée, qui trompait sa femme avec une jeunette de presque 25 ans de moins que lui m'avait énormément plu lorsque je l'ai lu à sa sortie en janvier 2014, tant la plume sensible et très juste de cette jeune romancière arrivait à transcender une histoire d'adultère a priori d'une confondante banalité.

Après ce premier roman –qui a connu par ailleurs un beau succès critique et public, Diane Brasseur revient pour cette rentrée littéraire avec un deuxième roman, "Je ne veux pas d'une passion", tout aussi réussi. Après le triangle amoureux mari/femme/maitresse, c'est désormais un autre triangle plus singulier qui s'y retrouve, à travers le questionnement que se pose une fille délaissé par l’homme qu'elle aime et qui cherche une connexion dans ses souvenirs dans les rapports passionnés qu'elle entretenait jeune avec son père.

 "Je ne veux pas d'une passion"- la toute première phrase qui lance le livre, et sans doute celle autour de laquelle l'auteur est partie pour la rédaction du livre tisse avec justesse et intelligence un lien de causalité évident entre une passion amoureuse d’un homme et une femme et la passion que cette dernière a éprouvé pour son père  et l'on peut se demander  à la lecture du livre si ce schéma est fréquent ou pas, si  une jeune femme  construit forcément ses amours à venir en fonction de son rapport paternel.

Diane Brasseur fond 2

 Le paradoxe – et la force- du roman de Diane Brasseur   résident sans doute également  dans  la dichotomie entre le sujet- l’étude des relations passionnelles- et le style, distancié presque détaché, de la narratrice.

 Si les deux livres de Diane Brasseur proposent des problématiques et des points de vue divergents,  l'auteur conserve un même – double-  fil conducteur, à savoir le monologue intérieur et une étude, presque clinique, des affres de la passion, par le bais d’instantanés, de souvenirs passés.

 "Je ne veux pas d'une passion",  comme « les fidélités » d’ailleurs-  s’impose aussi par son écriture très cinématographique, à savoir une écriture par fragments, courte, précise, extrêmement visuelle. Par ailleurs, les personnages masculins, très virils mais vulnérables en même temps de vos  deux romans renvoient,  à des archétypes évident d’un certain cinéma français, notamment celui  de Claude Sautet.

On peut légitiment penser que  que le fait que Diane Brasseur soit, en parrallèle avec son métier d'écrivain,  scripte pour le cinéma- détail qui ne me laisse évidemment pas indifférent- influence forcément- consciemment ou pas- sa plume et la personnalité de ses personnages.

Et il se pourrait bien que vous ayez rapidement les réponses à ces questions, car j'ai tellement aimé le livre que je me suis parmis d'aller récemment poser ces questions- et d'autres- à l'auteur, qui devrait normalement rapidement y répondre sur baz'art.

En attendant, n'hésitez pas à vous procurer ce très beau "Je ne veux pas d'une passion", assurément l'une des belles confirmations de cette rentrée littéraire.

photo de Diane Brasseur (crédit photo : Olivier Marty)

  couverture du livre (crédit : François Roca/Allary Éditions).