JACK DVD 3D

Fortement remarqué à la  Berlinale de ce début d'année, « Jack » qui sort en DVD  cette semaine, ce mercredi 7 octobre  chez Diaphana et TF1 vidéo,  suit pendant tout le film  le  un jeune garçon , celui qui porte le même nom de dix ans au quotidien livré à lui-même et obligé de garder lui et Manuel, son petit frère, devant l'irresponsabilité des adultes et notamment de son mère, très jeune et n'arrivant pas à s'occuper de ses enfants.

Chronique férocement réaliste sans misérabilisme et sans aspérité d’une enfance, assez proche de celles des films des Dardenne ou de Pialat à qui on pense forcément , le film d’Edward Berger nous montre un Berlin peu reconnaissable,  et ne quitte pas d'une semelle ce Jack et son frère qui vont vite se retrouver hors de chez eux, à la quete d’une maman qui  en fuite,  plus souvent dans les bras de ses amants que dans l'éducation de ses enfants.

Cette quête  d'un amour maternel qui se refuse à ce jeune enfant est filmée avec une steadicam qui donne de la fièvre et du réalisme  et qui va montrer comment Jack va être obligé de s'émanciper afin de protéger son jeune frère.

 

jackberger

 La caméra de Berger ne lâche jamais Jack, son regard ferme et volontaire et son  corps sans cesse en mouvement, et le jeune Ivo Pietzcker est formidable dans le rôle de cet enfant qui a été obligé de grandir un peu trop vite.

Dommage que sur un sujet souvent traité au cinéma (les films de Dardenne, Pialat donc mais aussi plus récemment  "Le Géant Egoiste" ou "Nobody knows"),  Edward Berger ne s'affranchit jamais vraiment de ces références et que cette quête éperdue perde un peu de son intensité au fil du récit et surtout n'émeuve autant qu'attendu, malgré une ou deux scènes puissantes, à cause d'un parti pris d'une mise en scène  un peu trop dépouillé et sec sécheresse et son dépouillement.

Et on aurait également voulu sans doute un peu plus de nuance dans les personnages d'adultes qui sont sans doute un peu trop tous dans le même sac, insensible à ce destin d'enfant brisés et peu prisés par ce monde d'adulte.

Il n'empêche que ce film  a le mérite de nous montrer un regard dur et sans fioritues ces ces enfants  livrés à eux même comme il en existe dans toutes les villes du monde, et qu'on'oubliera pas de sitôt  l'energie et la volonté de Jack et fanatique de l’éternelle jeunesse.   

"Jack" d'Edward Berger