cannes bof

Contrairement à d'autres semaines, qui sont plus chiches en critiques cinéma, ces deux dernières semaines auront  été particulièrement prolixes en chroniques de films sortis récemment en salles, mais il faut dire qu’on en avait vu pas mal ces derniers temps Michel et Moi  et qu'il fallait bien rattraper notre retard, pas totalement vu que  je n’ai pas tout éclusé de mes chroniques.

Et comme pour notre dernière chronique ciné à ce jour  on va en regrouper deux en une, mais contrairement à celle de mardi soir, je dois avouer que les films ne nous ont malheureusement moins enthousiasmés qu’Asphalte et Fatima…

Et pourtant il s’agissait de deux films qu’on attendait avec énormément d’impatience, car tous les deux réalisés par un grand metteur en scène international et présentés en compétition officielle à Cannes.

Hélas, et comme malheureusement une bonne partie des films de Cannes qui commence à sortir les uns après les autres, le résultat, loin d’être déshonorant, fut assez loin d’être réussi à 100% et pour les deux œuvres semblent un peu trop languissantes pour attirer profondément l’attention…

1. Youth : un film visuellement splendide mais un peu vide…

youth-cannes-film-festival-4

Je fais partie des rares cinéphiles qui ont  n’ont jamais vu La Grande Bellaza, longue ballade mélancolique de Sorretino qu’un certain nombre d’entre eux classent parmi les chefs d’œuvre, il faut dire  qu’à sa sortie j’avais du mal à caser 3 heures dans mon planning, et puis j’avais un peu peur de la coquille vide : très belle à l’extérieur mais un peu moins à l’intérieur.

Si tous ceux qui ont adoré la Grande Bellaza s’accordent à dire que ce Youth est objectivement moins réussi j’ai eu à sa vision exactement ce à quoi je m’attendais pour le précédent.

youth-cannes-film-festival-2

 Formellement splendide  (Sorrentino  possède un talent incroyable pour composer en quelques scènes une ambiance cotonneuse, presque en apesanteur), ce "Youth " n’est pas déplaisant à regarder loin de là, mais s’avère quand même bien creux sur le fond et même un peu prétentieux aussi bien sur la forme que sur le fond.

On voit bien les thèmes qui y sont abordés (la déchéance physique et morale liée à vieillesse, la sublimation ou non par l'art, la misanthropie), rien de ces thèmes n’est vraiment exploité comme on aimerait qu’il soit, et restent en l’état d’ébauches, on se contentera  simplement de quelques dialogues bien senties ici et là proférés par Cabine et Keitel plutôt à l’aise dans ce duo de vieille caboche à qui on ne la fait plus…, mais pour la réflexion profonde et spirituelle on repassera…

Le message final du cinéaste reste relativement peu clair (chante-t- il les louanges des plaisirs simples de la vie ou au contraire de leurs inutilité ?), et les personnages manquent de chair (dont Paul Dano ou Rachel Weicz pourtant d’excellents acteurs au demeurant), tant et si bien qu’assez rapidement on se laisse porter par la splendeur des images  et on reste plongé jusqu’au bout du film dans un état aussi cotonneux que la mise en scène…

 Bande-annonce : Youth - VOST

2. Notre petite sœur : joli mais languissant…

 

petite soeur

 NOTRE PETITE SŒUR  de Hirokazu Kore-Eda a  eu la particularité cette année d' être présenté en Compétition lors du dernier Festival de Cannes.  Contrairement à "Tel père tel fils" son précédent film, aussi présenté à Cannes en 2013,  le cinéaste japonais Hirokazu Koreeda qui a notamment offert de vrais chefs d'œuvre comme  justement Tel père tel fils ou Nobody Knows avait moins convaincu l’ensemble des festivaliers avec ce film pratiquement considéré comme mineur par tous les festivaliers.

 A la vision de cette Petite sœur, on peut comprendre cet engouement mesuré- on pouvait aussi se dire que cela est souvent le cas pour les tous premiers films présentés au Festival et qu'il méritait une réévaluation à sa sortie salles,  pour aboutir à une oeuvre que Michel a considéré, paraphrasant son maitre Truffaut, comme "un grand film malade", c'est à dire beau, mais malheureusement un peu raté au final. 

Afficher l'image d'origine

Le film est réussi dans sa peinture du Japon  provincial, son mode de vie et son architecture si loin de Tokyo  et la mise en scène de Kore Eda  adapte toute en douceur un beau et dense roman graphique d’Umimachi Diary, pour une histoire qui lorgne du coté de Tchékhov mais sans l’amertume et la causticité du maitre russe.

Car  malheureusement, le cinéaste  japonais a trop tendance à s’attarder sur des certes magnifiques plans de cerisiers  en fleurs  ou des scènes de repas en famille interminables, et c’est tout le long métrage qui traine un peu en longueur et manque de force,: et l'ensemble est  un peu trop dilué dans une surabondance de gentillesse qui génère lun ennui poli mais inévitable.

 Ce voyage au japon hors des sentiers touristiques pour 6 euros (même easyjet est battu) est donc plaisant à voir et tout à fait estimable, mais ne laisse pas un souvenir impérissable dans la mémoire du cinéphile…. dommage!! 

Bande-annonce "Notre petite soeur"