etage dessous

 

  Sortie ce mercredi 11 novembre-eh oui même un 11 novembre les salles de ciné ne chôment pas-  d’un film roumain que j’ai eu la chance de voir en avant première grâce à son distributeur Épicentre.

 Il s’agit du film " l'étage du dessous", un film présenté lors du dernier Festival de Cannes, dans la sélection officielle Un Certain Regard.

 Il est l’œuvre d’un e cinéaste roumain  assez reconnu par les critiques, Radu Muntean que certains comparent aux grands cinéastes de ses générations, notamment  son compatriote Cristian Mungiu (4 mois, 3 semaines et 2 jours, Palme d’Or en 2007)

 Il avait  notamment réalisé  Mardi après Noël, un film sensible et dérangeant sur un triangle amoureux a priori ordinaire mais dont le regard cruel et tendre du cinéaste dévoilait les failles.

 Même démarche pour cet étage du dessous, centré autour d’un homme ordinaire-presque l’homme sans qualités cher à Musil dont le quotidien a priori banal va peu à peu se faire dévorer par  un fait divers  se déroulant dans l’appartement d’une voisine habitant le même immeuble.

 Cet homme, dénommé Patrascu est un jour le témoin  d’une violente dispute amoureuse entre son voisin du premier étage et sa voisine du deuxième étage. Quelques heures plus tard, la police enquête sur le meurtre de la femme, mais Patrascu ne dit rien pour ne pas mettre en danger sa vie bien rangée. Peu à peu, le doute s’installe et c’est toute son existence qui menace de partir en vrille.

 On appréciera la pertinence du propos et cette volonté du cinéaste de sonder la violence tacite qui régit les relations humaines, avec cette intrigue intéressante qui en dit long sur les non dits et les faux semblants dans nos sociétés occidentales où il veut mieux rester caché pour ne pas faire de vague.

etagedessous

 Malheureusement la mise en scène de Muntean, qui refuse à tout prix l’épate et le spectaculaire a tendance à un peu trop plonger dans le minimalisme et la monotonie.

 Porté par une  mise en scène froide, presque austère et un réalisme fort, le film pourrait passionner avec un peu plus de densité dans le regard et  d’empathie envers ses personnages

 On regrette d’autant plus cette mise à distance  qui risque de dérouter le spectateur lambda,  que le scénario présentait pourtant toute  l’ambiguïté requise.

 A voir néanmoins si l’on veut des nouvelles d’un cinéma roumain qui semble revenu à des films plus anodins après la belle nouvelle vague de la fin des années 2000.

Bande-annonce : L'Etage du Dessous - VOST