lhermine-photoDès le 25 décembre, on fait une petite pause sur Baz'art pour l'année 2015, et ainsi je n'aurais pas rattrapé tout mon retard de chroniques des films vus en cette fin d'année, alors même qu'il se pourraient bien qu'il y ait dedans des oeuvres susceptibles de figurer dans mon top final de début d'année et que j'ai l'habitude de les chroniquer prélablement à la présentation du top.

Ma dernière chronique de l'année pourrait concerner un film susceptible de figurer dans ce top tant L'hermine, le nouveau film de Christian Vincent (à qui l’on doit la Discrète mais aussi le plus méconnu et superbe Beau Fixe ainsi que la séparation d'après un roman de Dan Franck est une très belle surprise de ces dernières semaines, très justement récompensé lors du dernier Festival de Venise, où le scénario et surtout l'éblouissant Fabrice Lucchini ont été justement récompensés.

Ce film tout en nuances en non dits est en effet un magnifique film, qui pourrait sembler assez minimaliste- mon cher comparse Michel l'a trouvé un peu terne, mais dont la beauté réside justement dans cette simplicité et surtout dans ces trois quatre scènes de café, pas loin du cinéma de Sautet cher à mon coeur où le moindre des non dits et des échanges entre deux êtres magnifiques  possède une force et une émotion indéniable  ( ah cette formidable relecture des « Passante » du merveilleux poème d’Antoine Pol, chanté par Georges Brassens et Cabrel). ... 

L''intrigue entremêle  avec  une vraie maitrise et une belle fluidité les audiences du procès d’un jeune père accusé d’infanticide, et la relation entre le président de la Cour et l’une des jurées, anesthésiste qui soigna ce dernier quelques années plus tôt au point de lui laisser un souvenir impérissable.  Le film est fait de petits riens, mais ces petits riens forment un grand tout, agrementé de regards délicats et d’un scénario fort habile alternant un presque documentaire sur un procès d’assises et la radiographie d’un amour secret qui refait surface.

hermine

On reste emérveillé par l'alchimie qui se dégage du couple formé par  Fabrice Luchini,  décidément de plus en plus intense à force d'épure dans son jeu et la merveilleuse Sidse Babett Knudsen, à la fois ordinaire et radieuse et qu'il me tarde de voir dans la série Borgen dont tout le monde me dit le plus grand bien, dans ce film,  Sidse Babett KNUDSEN est magnifique, rayonnante et s on  accent nordique finit de parachever son charme et de faire comprendre à quel point le cher juge a pu être chamboulé par cette apparition.

On aime  la facon dont ce  être sans pitié s'est  transformer intérieurement et devenir humain au souvenir d'une femme qu'il retrouve parmi les jurés et qu'il avait jadis aimée. Et n'oublions surtout pas tous ces acteurs et actrices qui, occupant des seconds rôles, incarnent à la perfection des personnages extrêmement bien dessinés  (citons notamment  Eva Lallier, en adolescence malicieuse et mature).

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Parallèlement le procès qui permet à cet homme et cette femme de se retrouver est filmé avec un beau souci de réalisme, et sans vision caricaturale  et manichéenne tant tous les personnages, témoins, accusés, experts sont croqués avec un souci d'authenticité et de véracité rare dans  cinéma français.

Quelle finesse d’observation de la dramaturgie judiciaire qui permet d'apporter un oeil à la fois de néophyte mais pas simpliste pour autant sur les mécanismes de la judificarisation. 

A souligner aussi  la très belle bande originale avec deux chansons magnifiques de Claire Denamur et avec tous ces ingrédients, et vous obtenez à la fin une  Hermine d'une pureté aussi forte que la robe du meme nom!!!