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Quatrième de couverture :

Alors qu’il s’échappe de la villa où une fête hollywoodienne bat son plein, un scénariste en vogue aperçoit une jeune femme se jeter dans l'océan en contrebas. L’ayant sauvée d’une noyade assurée, lui qui regarde avec dédain les artifices et la vanité de son milieu ne tardera pourtant pas à vendre son âme, ou plutôt sa liberté, faute de savoir résister à la tentation. 
S’agit-il pour lui de jouer les héros? ou d'oublier l’ennui et le naufrage de son mariage en se laissant aller à une énième liaison? Et qui est-elle vraiment, cette jolie fille à la carrière d’actrice mal engagée et dont les fêlures, notamment amoureuses, prennent une tournure menaçante? 
Toutes ces questions n’empêchent pas les deux êtres de plonger dans une relation venimeuse, qui réveille les démons de chacun. 
Le lecteur ne connaîtra jamais le nom des deux protagonistes de ce court roman, mais la langue de Hayes, d’une précision clinique, redoutable, les fait exister d’emblée, dans tous leurs travers, leurs faiblesses, leurs contradictions. Animé d’un désespoir existentiel évident, Hayes livre un portrait féroce de nos ambitions et de nos illusions, au sein duquel il réussit à distiller une ironie salvatrice.

La citation : 

C’était franchement dommage une jolie fille comme ça. Tant d’autres vies auraient pu lui ouvrir leurs portes, elle aurait pu avoir tant d’autres occasions. Il lui aurait suffi de le décider. Mais l’orgueil, ou quelque chose qui y ressemblait, l’en empêchait.

Notre  avis : 

 Une jolie fille comme ça d’Alfred Hayes est  paru aux Etats-Unis en 1958 mais il n'est sorti que fin 2015 en France découvert grace à la romancière Agnès Desarthe qui a assuré la traduction.

Scénariste pour Hollywood et pour le cinéma italien pendant leur  âge d'or,  Alfred Hayes connait bien le monde du cinéma  puisqu'il a longtemps cotoyé de Sica Roberto Rossellini, Fellini, John Huston, George Cukor et Fritz Lang, et cela se sent tout au long de la lecture de ce très beau roman, court incisif dans lequel deux personnages perdus et brisés intérieurement tentent de se sauver mutuellement au sein d'un microcosme- Hollywwod- plein d'illusions et de faux semblants...

Un livre noir et ironique, où un parfum de roman à la Chandler se fait sentir, formidable miroir d'une époque fascinante pour tous les cinéphiles et un petit bijou qu'on est heureux de voir réhabiliter...