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Petit flash back, 13 ans en arrière : 2003   tout cela  ne nous rajeunit pas, d'ailleurs on est né à quelques jours près Cartouche et moi :o), dans une salle de spectacle de Paris- j'avais vu un peu par hasard le spectacle de ce Cartouche, que personne encore ne connaissait et  j'avais trouvé son show formidable, mélange habile et maîtrise de chorégraphie et de one man  show «Les Hommes sont des femmes comme les autres", mis en scène par Kad et Olivier et chorégraphié par l’immense Marie- Claude Pietragalla, alors au fait de sa gloire (euh, c’était avant qu’elle ne bosse pas une émission de télé réalité sur tf1 :o).

Humoriste, danseur classique, mime et comédien, Cartouche fut d'ailleurs très vite surnommé le "Billy Elliot du 93" ...

 Car indibutablement, «Les Hommes sont des femmes comme les autres", devait  pas mal, outre le talent naturel de Cartouche à son osmose avec Pietra, car toutes les parties dansées contribuaient pour beaucoup à la magie de la représentation...

 Il faut dire que Cartouche, de son vrai nom Farid Bendjafar, a un parcours vraiment anachronique dans le monde du spectacle : formé à la danse non seulement par Marie-Claude Pietragalla mais aussi par Roland Petit et Maurice Béjart ( pas vraiment des bras cassés dans leurs domaines, vous le remarquerez), il a également appris le mime avec Marcel Marceau, et partagé l’affiche au cinéma avec François Cluzet, Benoit Poelvoorde ou Lucchini ce qui nous pose son homme..

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 Après trois ans d'absence, l'humoriste Cartouche est de retour seul en scène avec un tout nouveau spectacle, "Hors de contrôle"  que j'ai vu lundi dernier à la comédie Odéon sur Lyon.

 Troisième volet d’une trilogie sur les femmes, et après donc le couple qui se forme, les femmes vues par les hommes, il s’attaque dans ce dernier spectacle mis en scène par Philippe Sohier, à l’homme quitté par sa femme.

 Sur scène, Cartouche interprète 6 personnages, hommes et femmes; une performance facilitée par sa formation de danseur qui lui a permis de développer sa gestuelle, devenue dit-il, un outil important de ses spectacles.

 Les femmes croquées par Cartouche sont infatigables, intransigeantes, insubmersibles, insatisfaites… bref incompréhensibles, mais évidemment sous cette critique, on sent qu'il les aime éperdument et qu'il ne pourrait se passer d’elle.

 Cartouche démontre dans ce spectacle qu'il reste, presque quinze ans après ses débuts,  un vrai "show men," doté d'une énergie et d'une aisance corporelle toujours aussi prégnante, et les moments dansées et chantés- quelques chansons populaires sont remises au gout du jour constituent assurément les parties les plus réussies  et les plus entrainantes de son spectacle.

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 Le point d'orgue du show, c'est évidemment la reconstitution sur scène de la fameuse séquence finale de Dirty Dancing (dans la salle, certains spectateurs ont avoué avoir vu 300 fois le film : o),  une séquence vraiment hilarante, même si le plaisir devant ce sketch  varie aussi pas mal forcément selon le degré d'investissement des spectateurs et lundi ceux ci étaient bien en forme. 

 Il est simplement dommage, que sur le sujet des relations conjugales  un thème quand même maintes fois rebattu dans un one man show,  l'écriture manque parfois un peu de nuance et d'originalité, et que plus globalement, le spectacle manque d’un fil conducteur et donne parfois l'impression d'être un peu décousu.

 Cela étant, on est ravi de retrouver  si proche du public  le personnage Cartouche, éminemment sympathique, et on ne peut que rester admiratif de la façon dont il joue avec son corps et même avec le public avec qui l'interactivité est totale, et qui sort de la salle l’air joyeux et prêt à esquisser quelques pas de danse.