CHALA-AfficheUn peu de politique étrangère pour présenter un des films phares à voirà partir de mercredi   si vous le voulez bien : depuis ce matin du dimanche 20 mars, le Président Obama est parti en visite de trois jours à la Havane, ce qui démontre si besoin était à quel point Cuba, un pays que l’on connait assez  mal, vu de France, peut faire de plus en plus l’actualité car c'est un pays qui se trouve être, plus encore que ses pays voisins d'Amérique centrale,  en profonde mutation.

Cela, le film CHALA, UNE ENFANCE CUBAINE  qui sort le 23 mars prochain au cinéma et que j’ai eu la chance en ouverture du festival les reflets du cinéma ibérique (le film a mis plus d’un an à sortir en salles et s'appellait encore Conducta, son titre original)  nous le montre parfaitement. Il faut dire que le long métrage d' Ernesto Daranas nous plonge de jolie façon dans cette société cubaine  en pleine transformation dans laquelle la liberté- la révolution cubaine est maintenant révolue- est une valeur refuge qui est loin d'être acquise pour tout le monde .

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Chala, c’est le nom d’un des personnages principaux de ce film, ce petit garçon de 11 ans va l'apprendre à ses dépends, et va également  apprendre l’art de la débrouille dans les rues, entre un père absent et une mère rongée par l’alcool et la drogue qui ne peut subsister aux besoins de la famille. A travers des petites combines, comme des combats de chiens illégaux,  ou des histoires de pigeon à dresser,  Chala va apprendre à  faire face à la loi de la rue sans doute un peu trop dure pour ses 11 ans.

Sur cette trame , assez proche d'une version  400 coups plus moderne et téléportée  à la Havane, le cinéaste Ernesto Daranas tisse une jolie chronique dans laquelle les vertus éducatives sont mises en valeur, notamment grâce au très beau personnage de Carmela, la vieille institutrice du garçon ( jouée par la formidable Alina Rodriguez, décédée depuis le tournage du film) dont la conception de l’éducation, rigoriste mais juste pourrait bien faire vaciller les certitudes du jeune Chala et le faire détourner de son destin.

Carmela, une des figures singulières de cette galerie de personnages étonnants d’une société cubaine qui tente d'avancer bon gré mal gré, pourra t-elle faire détourner Chala de son destin de voyou des trottoirs, à moins que ce ne soit l'amour avec la jeune Yéni qui ne laisse pas Chala Indifférent? Voici une des grandes questions auquel le long métrage de Daranas tente de répondre.

La déliquescence du système éducatif, jadis  fer de lance de la révolution cubaine, est un des piliers du récit et cette transformation est une des bases de l'ère de changement qui se profile dans ce Cuba.

La caméra de Daranas colle à la peau de ces enfants cubains sans cesse en mouvement dans un geste simple et fort, qui en dépit de quelques longueurs dans la seconde partie du film, font de ce CHALA un récit initiatique percutant et touchant qui nous fait parfaitement ressentir l'amour du cinéaste pour son pays, malgré les difficultés et les dysfonctionnements dont il nous fait part avec justesse et sans manichéisme. 

Un joli film à voir dès la semaine prochaine en espérant qu'il soit diffusé le plus possible...

CHALA Une Enfance Cubaine Bande Annonce (2016)

Récompenses du film:

Meilleur film et Meilleur Acteur (Armando Valdés) - Festival de cinéma latino-américain de La Havane Meilleur film - Festival international de Bogota Prix du Public - festival Filmar en America Latina, Genève Prix du Public, Meilleure Actrice (Alina Rodríguez), Meilleur Film, Meilleur réalisateur - Festival de Malaga Prix du Public, Festival International du Film de Pau Premier Prix du Public, et enfin comme j'en parlais au début Reflets du Cinéma Ibérique et Latino-américain, Lyon