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Il n’y a pas que les Ardennes, dont j'ai vanté les mérites hier, dans les très bonnes sorties cinéma du 13 avril, d’autres films que j’ai eu la chance de voir en avant première lors des différents festivals auxquels j’ai pu assister méritent aussi largement le coup d’œil et même plus.

 Parmi eux, Desierto, vu lors du Festival de Beaune où il a reçu le prix du Jury ex aequo avec le film français Diamant Noir- dont on reparlera à sa sortie en juin.

Malgré son prix, le film a divisé les festivaliers du film Policier, les uns étant totalement sous le choc de ce thriller haletant et mis en scène avec un brio redoutable, et les autres bloquants sur le scénario particulièrement ténu du film.

Personnellement, et plutôt paradoxalement vu que je suis généralement très attaché à l’écriture et la densité romanesque d’un long métrage, j’ai été embarqué par la puissance de ce Desierto sans que la minceur incontestable du scénario ne me gêne comme c’est parfois le cas. 

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Il faut dire que ce long métrage d Alfonso Cuaron (auteur notamment de Le Fils de l’homme, Gravity), en partie coproduit par lui   fait montre dans Desierto  un sens du cadre et de l’image et une exigence dans la réalisation  que ne renierait pas son paternel

 Le désert sud californien où se déroule toute l’action du film est ici exploité d’une façon remarquable: tout est fait pour que les nombreuses scènes d’action de ce survival movie exploitent de la meilleure façon qui soit l’environnement, aidé en cela par. Le très beau travail du directeur de la photo Damian Garcia.

  Et si la réflexion sur les migrants ( le film commence lorsque des migrants mexicains tentent de franchir la frontière séparant le Mexique de la Californie) est très vite abandonnée au bout de dix minutes , l’oppressante et irrespirable cavale contre la mort qui en résulte est tellement brillamment menée que le spectateur oublie toute frustration ( d’autant plus que lors du Festival du film Policier, on pouvait se douter qu’une chronique  sociale sur les migrants avait peu de chance de débarquer).

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 Qu’importe si le scénario et les personnages sont réduits à leur plus simple psychologie : les éléments que l’on a en notre possession, finalement moins attendus que prévus,  suffisent largement à vibrer pour nos héros victimes d’un fou furieux qui fait froid dans le dos.

 Et Desierto n’est sans doute qu’un un thriller formidablement haletant, face à face d’une grande tension  d’une heure trente entre un humain démuni et un monstre sanguinaire, mais ca suffit amplement à en faire une œuvre qui marquera ce mois d’avril….