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 Pour finir la semaine, encore une chronique d'un long métrage sorti mercredi dernier,  vu en Festival,  non pas à Beaune ce coup ci, mais quelques semaines avant,  à Villeurbanne lors de la dernière édition des Reflets de cinéma ibérique et latino américain.

Ce film c'est  Paulina (La Patota), de l'Argentin Santiago Mitre, qui avait  reçu le Grand Prix de la Semaine de la Critique lors du dernier festival de Cannes. 

On avait déjà beaucoup aimé le précédent film de Santiago Mitre,  "El Estudiante ou Récit d'une jeunesse révoltée", profonde et belle réflexion sur l'idéologie politique en nous montrant comment un individu n’ayant aucune prédisposition ni formation idéologique finit par être complètement habité par la politique.

Paulina de Santiago Mitre est à l’image de son prédécesseur, un vibrant  hommage à l’engagement politique chez la nouvelle génération argentine et une fable sur la justice. Cette fois-ci, c'est l'engagement et les idéaux d'une jeune enseignante dans une région sinistrée que le film tente de sonder avec un scénario intelligent et ambigu.

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Paulina prolonge cette voie de la réflexion intelligente et complexe, tout en étant encore plus aboutie formellement parlant.

Le film est en effet un très beau portrait de femme (après Sky et  avant de vous parler de " l'avenir", les portraits de femme complexe sont à la mode sur nos écrans) une jeune trentenaire,magnifiquement interprétée par Dolores Fonzi,  sur le point de finir ses études de droit, qui plaque tout et contre l’avis de tous- et surtout de son père, un magistrat aimant mais directif, comme le superbe plan séquence de dialogue de 11 minutes du début du film le montre parfaitement, pour aller enseigner dans un village défavorisé perdu dans la campagne argentine. 

Très indépendante, Paulina  n’a pas peur de s’opposer à son père et sa vision de la justice sensiblement différente de la sienne, et même quand elle sera amenée, à cause d'un évenement que je ne dévoilerai pas, à revoir ses idéaux et ses convictions, elle essaiera d'y rester solidement ancrée, et surtout continuera à surtout ne jamais  se laisser dicter sa conduite.

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Si le film de Mitre peut dérouter, car le comportement de Paulina  peut parfois  interpeller, on ne peut qu'être admiratif devant ce personnage à la personnalité extrêmement forte, et  l’important  ici n’est pas d'adhérer totalement aux convictions et aux décisions de ce personnage, mais d'y croire et d'espérer qu'elle s'en sorte et de trouver que les choix qu'elles fait contribue à faire de Paulina un magnifique personnage de cinéma.

Chronique sociale profonde et jamais démonstrative, Paulina est aussi un superbe et passionnant portrait de femme, la preuve que Santiago Mitre est un cinéaste largement à suivre dans le décidement très prometteur cinéma argentin ( dommage à ce titre qu'on ait aucun représentant de ce cinéma là dans la sélection cannoise dévoilée hier par Thierry Frémaux).

PAULINA de Santiago Mitre - Bande annonce - Ad Vitam