Deux DVD qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre dans notre revue de récente sortie DVD... parfois on arrive à trouver des liens et parfois pas, sauf le fait qu'ils valent l'un et l'autre le coup d'oeil pour des raisons forcément radicalement différentes 

le_gout_des_merveilles-2

 

 1. Le gout des merveilles, Eric Besnard : un feel good movie ensoleillé!! 

 Ce film qui sorti en salles à la toute fin d'année dernière avait tout du conte de Noel attendu et cinématographiquement faiblard, proche du film de terroir de bas de gamme à la Premiers crus ( un des pires films de l'année 2015 au bon gout de piquette) et j'ai donc attendu sa sortie en DVD le 19 avril dernier chez TF1 vidéo pour me rattraper et me rendre compte que sans être évidemment un chef d'oeuvre Le Goût des merveilles est une belle surprise et une oeuvre vraiment touchante, un feel good movie qui remplit parfaitement son rôle.

Le sujet traite d’un handicap, celui de l’autisme  et plus particulièrement du  syndrome d'Asperger ( développant des fonctions intellectuelles hors normes, comme le montrait déjà Rain Man). et si on n'évite pas totalement .une vision idéalisée de la différence, avec la question de la souffrance liée  un handicap mental qui reste  effleurée, mais le choix de montrer l’handicap  à travers la richesse de la différence est plutôt agréable et intelligent, qualités plutot rares  dans la production du cinéma français populaire.

merveilles

Et puis  Le Goût des merveilles est avant tout une romance, et de ce point de vue là , cela fonctionne bien, grâce surtout à l'atout numéro un la fraîcheur des acteurs  avec une belle complicité entre Virginie Efira, toujours convaincante dans ce genre de rôle et Benjamin Lavernhe une nouvelle révélation issue de la comédie francaise, étonnant et émouvant dans le rôle de cet homme solitaire et différent.

 Un feel-good movie bienveillant, dans un décor de soleil et de nature splendide ( la Drome provencale, région que je connais un peu est drolement cinégénique) .qui réussit à ne jamais tomber dans la mièvrerie  et dont on ressort léger et ensoleillé. que demander de plus? 

 

BANDE ANNONCE - Le Goût des Merveilles

panthere_packShot_web-2

 2. La panthère noire  Ian Merrick : un film anglais choc oublié pendant 40 ans

Le tout premier film que j'ai vu lorsque je suis arrivé à Beaune cette année pour couvrir le festival du film policier ne fut pas une avant première proposée en compétition officielle mais un film anglais de 1977 interdit lors de sa sortie et resté invisible pendant près de 40 ans : LA PANTHÈRE NOIRE du genre néo-noir britannique des années 1970

LA PANTHÈRE NOIRE de Ian Merrick relate l’histoire vraie de Donald Neilson, ennemi public n° 1, braqueur, meurtrier ayant sévi dans la campagne anglaise entre 1967 et 1974 et auteur d’un rapt qui choqua l’Angleterre dans le milieu des années 70.  Ce long métrage qui dresse le portrait impitoyable d’un tueur, vu de son point de vue  est une curiosité méconnue que sa version restaurée du film LA PANTHÈRE NOIRE est disponible en DVD depuis le 3 mai 2016 chez UFO distribution.

C’est une rareté qui, après près de quarante ans d’invisibilité sur les écrans, a donc  les honneurs d’une projection dans un grand festival de cinéma et d'une belle édition DVD.

Et ce film fait beaucoup penser à d'autres films  tout aussi dérangeants à savoir "Henry portrait of a serial killer" de John McNaughton tourné en 1986, et censuré jusqu’en 1990 ou plus récemment "La prochaine fois je viserais le coeur ", car tous ces longs métrages nous plongent  dans le psyché d'un tueur de sang froid sans aucune volonté de lui trouver des excuses ni jamais à chercher à le rendre sympathique, ce qui est toujours inconfortable mais également passionnant pour le spectateur qui n'a pas ses repères habituels et qui voit ses valeurs morales quelques peu bousculées..

pantehere noire

 Le résultat  est saissisant, c'est sur, pas aimable du tout, sec sans aucun sensationnalisme et décrit  de manière brutale le parcours indécis d'un tueur capricieux porté par l’interprétation glaçante de Donald Sumpter  ( qu'on a vu  récemment dans des petits rôles chez David Cronenberg ou la mythique série Games of Trhones) qui compose un individu assez pathétique, médiocre au fond, et d’autant plus terrifiant dans ses actes. 

Dans un souci documenté, le réalisateur s'attache donc à nous décrire son parcours meurtrier avec un  réalisme et une asutérité qui peut autant fasciner que déranger..à voir ...