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Ce premier long métrage d'Arthur Harari ,  je l'ai découvert lors du dernier festival de Beaune, où il avait obtenu le Prix du jury 2016,  et il faut dire que pour avoir vu toute la sélection officielle, ce prix fut amplement mérité tant cet audacieux et réussi "Diamant Noir" était dans le  haut du panier d'une pourtant excellente sélection

Pour ce premier long-métrage Arthur Harari fait  en effet preuve d'une grande virtuosité et d'une grande ambition, malgré quelques maladresses dont la presse- qui a particulièrement bien accueilli le film- à part ce cher Mehdi de Métronews avec qui j'avais discuté du film juste après la projection- n'a pas voulu en faire écho.

Et on peut comprendre tant ces maladresses - un jeu d'acteur pas toujours très inspiré, une maitrise formelle parfois pas à la hauteur des ambitions- ne sont  finalement pas grand chose en comparaison  au projet d'une très belle densité romanesque, et d'une intensité jamais démentie, qui atteint son paroxysme dans une dernière partie particulièrement haletante.

Les références du jeune cinéaste, qu'il a cité lors de la présentation du film ( De Cassavetes à Melville en passant par Michael Mann) sont sans doute un peu écrasante, mais pas hors de propos, tant il y a de cela dans ce film noir d'une belle richesse et d'une belle profondeur,  et  qui surtout affiche une confiance et une croyance absolue dans ce que peut  faire l'art cinématographique.

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On aime particulièrement le décor dans lequel se déroule cette intrigue de vendetta et d'infiltrés : celui du quartier diamantaire d’Anvers, qui jusqu'à présent n’avait jamais été le cadre d’un film de fiction, et ce  microcosme étonnamment peu utilisé au cinéma révélèe pourtant  très vite sa capacité cinégénique et  dramaturgique 

Traitant avec une précision presque documentaire ce milieu de diamantaires, Arthur Hararai plonge  dedans ces personnages tout droit sortis d'un drame shakespearien. rend ce polar français passionnant et surtout assez loin de la production courante hexagonale.

Aux frontières du thriller psychologique et de l'étude de milieu, Diamant Noir trouble et séduit souvent. malgré un personnage principal qui semble froid, hermétique ( Niels Schneider étonnant en personnage qui semble subir tout ce qu'il traverse, mais qui va être amené à prendre des décisions capitales)  

Si la réalisation d'Harari tente des choses  inattendues- comme une première scène qui fait penser à un Giallo- qu'il réussit la plupart du temps, ce "Diamant noir" frappe surtout  les mémoires grâce à son scénario trouble et complexe qui dévoile des seconds rôles ambigus  ( dont le fantastique August Diehl, vu notamment chez) Tarantino.

Un scénario assez machiavélique,  méthodique et  dont l'engrenage paraitra implacable dans son dernier acte  pour un film sans doute pas parfait, mais passionnant et qui laisse augurer de très grandes promesses pour son réalisateur.

DIAMANT NOIR Bande Annonce (2016)