Trois DVD qui sortent en juin pour des films confidentiels mais dont la sortie méritent un petit focus  tant on les avait déjà défendu lors de leur sortie en salles :

1. Short Skin- sortie le  7 juin Epicentre Films

short skin

Même si son titre ne l'indique pas, Short Skin, qui est sorti en DVD le 24 mai dernier chez Epicentre films,  est bien un film italien, qui lors de sa sortie en salles ( voir notre chonique ici même)  portait un autre titre, celui de l'éveil d'Edoardo. qui a recu l'an passé le Swann d'Or du festival de Cabourg...

 Ce tout  premier film du réalisateur Duccio Chiarini,  qui a été projeté dans pas mal de festivals internationaux, nous plonge comme son titre l'indique dans  l’histoire d’Edoardo, 17 ans,  adolescent discret,  qui se voit confronté le temps d'un été au  temps des premiers émois. Maladroit et timide avec les filles, il découvre que le sexe est plus compliqué que ce qu’il pensait…

 Secrètement Amoureux de sa meilleure amie Bianca, il doit faire face aux problèmes de couple de ses parents, de sa sœur qui ne pense qu’à faire des petits à son chien mais aussi à son meilleur ami qui veut absolument que les deux jeunes hommes perdent leurs pucelages pendant l’été. Sauf qu’Edoardo cache un secret. Il a une maladie de peau au pénis qui forcément va entraver sa relation avec le sexe féminin…

 Le pitch pourrait faire redouter  à une sous comédie à la Américan Pie, ou d'autres pochades bien lourdaudes avec vannes scatologiques à la clé, or heureusement, on est très vite rassuré, on est à des années lumières de ce cinéma là.

 S’appuyant sur une écriture scénaristique nuancée et intelligente, le film contourne habilement les clichés et les caricatures et parvient à être optimiste et léger tout en étant profond et touchant.  

 

 suppléments du DVD :entretiens et avant première, scénes inédites

 

 2. Je suis à toi- Outplay sortie le 7/06

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 "Je suis à toi",vient de sortir en DVD chez Outplay.  Un film qui notamment remporté deux prix au Festival d’Angoulême 2015 (prix du Meilleur Film décerné par le jury étudiant, et prix du Meilleur Scénario décerné par le jury officiel).

Comme dans son premier long métrage, Hors les murs, David Lambert aborde l'histoire d'un amour homosexuel à travers un triangle amoureux, mais contrairement à son film précédent qui commençait comme un conte de fée pour finir dans la tragédie, emprunte un chemin inverse par le biais de son personnage principal,  Lucas, argentin obligé de se prostituer pour vivre,et qui arrive en Belgique totalement perdu et esseulé et qui  peu à peu va acquérir autonomie et un certain bonheur par le biais d'un apprentissage qui sera forcément douloureux.

Le film n'hésite pas à aborder des thèmes durs, voires crus, que ce soit la  prostitution, la solitude,  la misère sexuelle et financière, mais le fait toujours avec cette pudeur cette humanité  et cette sensibilté qui caractérise son oeuvre- ses deux longs mais aussi ses beaux courts métrages vus sur les bonus d'Hors les murs.

Sans jamais verser dans le ni dans le misérabilisme , Lambert ose mettre dans son histoire  sombre et douloureuse des pointes de burlesque, voire de poésie, notamment lorsque le boulanger au corps si imposant  mais mélomane à ses heures perdues ( joué par l'épatant Jean-Michel Balthazar , vu dans "le Gamin au vélo", mais qui reste peu connu en France, entre jean Clude Dreyfuss et Philippe Duquenne) se met à chanter et danser des airs d'opérette, donnant à son film des airs de comédie musicale qui pourraient plomber le film mais qui au contraire lui apporte une certaine grace et poésie.

"Je suis à toi" est une très jolie tragi-comédie qui mérite assurément d'être vu par tous ceux qui aiment avant tout aller au cinéma pour être touché par les belles histoires. 

JE SUIS A TOI - Bande-annonce VF

Plus de 50 min de Bonus Inédits :

- Entretien avec le réalisateur
- Remise de Prix Festival d’Angoulême
- Bande Annonce

 

3. Mad Love in New York- Carlotta sortie le 22/06 

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Avec "Lenny & the Kids" que j’ai eu la chance de voir en 2009 un peu par hasard dans une salle d’art et d’essai parisienne, les frères Josh et Benny Safdie avaient réussi à  imposer un style à la fois proche du cinéma indépendant américain dont ils sont issus, et tout autant singulier sur le New York des marginaux et des laissés pour compte.

  Mad love in New York  adopte un parti pris plus sombre en axant son intrigue- forcément ténue- dans les rues de New York où trainent quelques marginaux occupés à survivre et à assouvir leurs besoins en drogue.

Parmi eux,  Harley, une jeune SDF folle amoureuse d’un compagnon d’infortune à qui elle voue une passion malsaine et nocive est une héroine vraiment particulière : en effet,  elle est jouée par une certaine Arielle Holmes qui joue son propre rôle et les propres situations qu’elle a vécues quelques années avant le tournage du film.

 Josh Safdie a découvert par hasard Arielle Holmes pour les repérages d’un film et lorsqu’il s’est aperçu qu’elle  était en fait une véritable sans domicile fixe,  il lui a demandé d’écrire un roman  où elle devait évoquer ses amours tumultueuses avec son petit ami Ilya et ses problèmes de drogue.

Et c’est cette histoire que les frères Safdie ont choisi de raconter dans une histoire filmée caméra à l’épaule, proche d’un cinéma de Cassavetes qu’on a tendance à mettre à toutes les sauces mais dont la référence semble pour le coup pleinement justifiée.

Témoignage criant par son réalisme et la cruauté de certaines de ses scènes, les frères Safdie parviennent à poser un regard baigné de tendresse  sur une communauté tant marginalisée dans les petits et grands écrans.

Mad Love in New York BANDE ANNONCE