biennale

Hier, sur Lyon,  le grand événément lyonnais de cette rentrée- hors journée du Patrimoine- c'était bien entendu comme je l'avais annoncé il ya deux semaines,   le grand défilé de la 17ème édition de la Biennale de la Danse, un défilé qui a quitté les rues de la République pour migrer  à Gerland, état d'urgence oblige.

Si nous n'avions pu nous rendre hier sous la pluie de Gerland pour assister à ce défilé dans une formule forcément singulier, nous avons quand même utilisé à bon escient le week end pour faire notre plein de danse et profiter d'un des 37 spectacles  proposés  compagnies

Ainsi, pour inaugurer notre biennale 2016, on a voulu s'abreuver de pyramides humaines et de haute voltige pour la nouvelle création du Groupe Acrobatique de Tanger, qui a pris possession du magnifique Théâtre des Célestins la semaine passée.

L’acrobatie marocaine est un des joyaux du patrimoine culturel marocain, connue pour ses pyramides et ses figures circulaires, et le Grouê Acrobatique de Tanger l'affirme haut et fort dans leur tout nouveau Spectacle Halka comme notre chroniqueuse, V,  qui l'a vu pour nous, l'explique dès maintenant :  

tanger orchestre 

Halka en arabe signifie "un spectacle festif en forme de cercle" et une fois le rideau ouvert, ce soir au théâtre des Célestins et dans le cadre de la Biennale de la Danse,  ce sont des hommes deux par deux tournant en cercle comme dans un manège de chevaux qui s'approprient la scène. 
Et puis il y a ce corps de femme qui semble être porté juste du bout des doigts et si droit à l'horizontale qu'on dirait un numéro de magie. Et puis il y a ces danseurs qui enchaînent les roues sans les mains, sur les coudes, en arrière et avec une telle légèreté qu'on entend à peine leur corps se poser sur le sol. 
Ils sont 12 acrobates et 2 musiciens à nous inviter, le temps d'un spectacle, dans cette pratique ancestrale marocaine qu'est l'acrobatie, cet art qui s'apprend sur les places publiques des villes et des villages ou sur la plage de Tanger. 

danse tanger
Ils sont 12 à nous faire voyager avec des chants quasi envoutants, avec ces poésies déclamées, avec ces percussions.
Si le décor est absent, les accessoires et objets eux sont très présents : foulards, paire de chaussures de ville, sable et surtout "jefnas", ces bassines rouges que les femmes marocaines utilisent pour faire la lessive dans les villages.

Ces bassines sont un fil conducteur entre plusieurs tableaux : les danseurs se battent pour grimper dessus mimant ordres et moquant le pouvoir que chacun cherche à obtenir; ils les font rouler et imitent le même mouvement avec leur corps avec une grace déconcertante; ils les portent sur leur tête puis retournées au sol s'en servent pour danser dans un moment qui donnent envie de se lever de son siège pour aller rejoindre la troupe. 

tanger
Le cercle aussi revient tout au long du spectacle avant que deux par deux, les artistes en sortent pour s'ériger en pyramides.
On a tôt fait de repérer ceux qui seront les fondations et les plus légers qui s'élèvent vers le ciel mais on reste béat devant la rapidité avec laquelle ces colonnes prennent vie : un, deux, trois étages.
Leur composition et leur forme changent alors qu'on lit sur les visages, non pas la peur et la pénibilité, mais la joie de ne faire qu'un l'espace de quelques minutes.
C'est peut être cela le plus émouvant dans la danse : cette confiance sans limite qu'il faut donner à ses partenaires et cette cohésion.    

 HALKA

Groupe acrobatique de Tanger - Biennale de la Danse- 

 CÉLESTINS, THÉÂTRE DE LYON

  • Lun. 19 sept.20:00
  • Mar. 20 sept.20:00
  • Mer. 21 sept.20:00

 Voir présentation complète du spectacle sur le site de la Biennale