Dans la foulée du roman l'Eveil dont j'avais raconté en détail la génèse dans mon compte rendu de rencontre chez son éditeur, encore trois romans de français, qui nous ont moins emporté mais qu'on peut quand même citer parmi les livres remarqués pendant cette rentrée littérature :

1. Seduire Isabelle A;Sophie Bassignac ( ed J.C. Lattes)

seduire

 Présentation du livre :

Isabelle a été très claire. Elle n’épousera Pierre que s’il est accepté par tous les membres de sa famille, les Pettigrew. Lors d’une semaine caniculaire sur les bords de Loire, les présentations vont tourner au cauchemar. Car tout sépare le jeune journaliste un peu coincé de cette joyeuse clique de libres penseurs passablement allumés. Pour être adopté, le nouveau venu sera soumis à un baptême du feu décoiffant…
Drôle et déluré, Séduire Isabelle A. évoque avec finesse la folie du microcosme familial et l’art de vivre ensemble.

Citation :

" À sa grande surprise, plutôt que de lui répondre oui en s’accrochant à son cou, elle lui avait proposé de rencontrer sa famille. Pierre avait compris que son consentement dépendrait du jugement des Pettigrew et, quoique très vexé, il avait accepté de s’y soumettre".

Avis : 

Avant d'épouser une femme n'est il pas judicieux de connaitre sa famille ? Pierre Réveillon, un journaliste politique, connait Isabelle depuis six mois. C'est la femme de sa vie et elle l'amène dans sa famille pour la première fois. '' Les familles ont leur propre politique, leur histoire, leurs rituels '' mais ceux de la famille Pettigrew sont particulièrement hors du commun.

Il n'est pas facile pour un jeune homme, élevé dans les plus pures traditions, de s'y fondre.

Pierre essaiera d'ailleurs de s'échapper mais le magnétisme de cette famille au demeurant fort sympathique, l'attire à nouveau. Fera t -il toute sa vie avec Isabelle ? Nous n'oserions le parier mais le lecteur passe un moment agréable.

 

tombeauouvert

Présentation du livre :

Où étiez-vous le 1er mai 1994 ?
Qui a oublié les débris de voiture qui volent, le pneu qui plane à une altitude invraisemblable et semble ne jamais vouloir retomber, les voix des commentateurs de télévision qui se taisent ? Ayrton Senna est sorti de la piste à 260 km/h, avant de percuter un mur sur le circuit d’Imola.
Bernard Chambaz nous fait revivre cette tragédie moderne d’un nouvel Achille, débordant de fureur et de larmes. Senna, c’est à la fois notre histoire et le reflet d’une époque où la vitesse n’efface pas encore les souvenirs.

Citation :

"La vitesse est d’essence divine. Avant le Dieu des chrétiens qui a repris l’éclair et la foudre à Zeus, c’est Hermès qui l’a incarnée. Hermès va à la vitesse du vent."

Avis : 

Dans son nouveau roman,  Bernard Chambaz  nous livre une réflexion sur la vitesse autour de l'exression "rouler à tombeau ouvert". à travers la vie et la carrière 'd’Ayrton Senna, et sonde  le lien étroit  entre la. mort et vitesse, sur la mort.

 Mais Chambaz ne s'arrete pas seulement à la vie de Senna : l'auteur mèle souvenirs personnels- son fils est mort à deux ans dans un accident de la route et rencontre posthumes convoque les témoignages d’un Juan Manuel Fangio ou d’un Jules Bianchqu'il imagine avec d'autres coureurs automobiles sacrifiés sous l'autel de la vitesse. 

Un propos interessant sur ces pilotes qui ont payé tribut de leur passion, mais si pour les fans de F1 ce livre doit être passionnant, les autres- comme moi pourront traiter l'ensemble restant trop à la surface des choses.. 


Bernard Chambaz - A tombeau ouvert par Librairie_Mollat

 

longtemps peur

Présentation du livre :

Tout commence lorsque Suzanne, qui anime des ateliers d'écriture, demande à chacun de ses élèves d'apporter un objet de famille susceptible d'illustrer sa vie personnelle. L'un d'entre eux, Arsène, un orphelin rwandais réfugié en France après avoir réussi à échapper aux massacres qui ont ensanglanté son pays, doit avouer qu'il ne possède rien d'autre qu'une valise qui lui a servi d'abri durant sa fuite. C'est à partir de cet objet singulier que Suzanne va le convaincre de lui raconter son itinéraire et de lui livrer le secret de sa jeune existence. L'exercice devient pour Arsène le moyen d'exorciser sa « peur de la nuit » et de renouer les fils d'une identité dévastée, tandis que Suzanne accomplit son propre rituel du souvenir en revenant, pour un ultime adieu, sur les traces d'un père prématurément disparu. Par la grâce de l'écriture et de l'imaginaire.

 Citation : " La nuit, la mort rôde et visite les vivants. On peut se lever et suivre les morts sur un simple malentendu :  J’ai longtemps eu peur de la nuit. Dormir dans ma valise les tenait à distance. » 

Avis : 

 Yasmine Ghata, auteur d'origine libanaise  écrit dans son cinquième roman une histoire qui nous amène autour du génocide rwandais- comme Gael Faye, dans un roman dont on parle beaucoup ou comme Corneille dans son autobiographie qui vient de sortir-

Et elle le  fait  à travers les yeux d'un adolscent  qui se remémore ses souvenirs enfouis en lui, et ce grâce à Suzanne, une enseignante qui va lui apprendre à coucher ses émotions sur le papier à travers une histoire libératrice.

Suzanne, elle aussi garde de vieux fantômes cachés au fond d'elle, qui ressurgissent d'un coup en enseignant, justement, dans la cité scolaire qu'elle fréquentait dans son enfance. Son père est mort dans un appartement tout près alors qu'elle était toute jeune. Elle n'en a toujours pas fait son deuil. Les deux histoires  vont se répondre entre elles. 

Un  histoire  toute en simplicité et en sobriété qui nous plonge dans les traces d'un Rwanda blessé , croisant habilement les fils de  récits de deux personnages essentiels et qui met en valeur la nature du déracinement  et la capacité de résilience que tout un chacun porte en lui.