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Dans les salles le 23 novembre prochain, "Theeb"  est un film en provenance d’Arabie Saoudite ( coproduit aussi avec la Jordanie, l'Angleterre et la Suisse),  un  horizon cinématographique  qu'on voit plutôt très rarement sur nos écrans.

L'histoire se situe dans la Péninsule Arabique, et plus exactement dans les magnifiques paysages du Wadi Rum,  exactement dans le même désert où David Lean a tourné "Lawrence d’Arabie", un film que le jeune réalisateur Naji Abu Nowar a forcément vu, tant la mise en scène possède quelques points communs avec le lyrisme et le souffle de celle de David Lean. Par ailleurs, il est à noter que les deux longs métrages partagent le même contexte historique : leurs intrigues se déroulent pendant la même période, lors de la Première Guerre mondiale, époque qui a vu les Bédouins se révolter contre l’Empire ottoman.

L'histoire a lieu en 1916 et voit  le jeune Theeb  ( loup en bédouin) se lancer dans le désert à la suite de son frère aîné qui a été chargé par les chefs de sa tribu de guider un officier britannique en mission, pour le début d’un voyage qui changera Theeb à tout jamais. Car la zone est infestée de brigands et autres révolutionnaires en tous genres, lancés aux trousses d'un Theeb qui   va se retrouver seul et se voindre contraindre à certaines compromissions.

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"Theeb", récompensé du prix du meilleur réalisateur dans la section Orizzonti  à la Mostra de Venise en 2014, est une œuvre  très singulière, dépaysante  et totalement imprégnée par la culture bédouine.

Lee réalisateur Naji Abu Nowar, a vécu pendant 10 ans dans un petit village bédouin et s'attache particulièrement à imprégner son oeuvre  de coutumes bédouines, et arrive à tirer de cette spécificité issus de ce folkore et ces traditions bédouine une histoire qui touche par son universalité.

Un film qui réussit l'alliage parfait entre les western traditionnels occidentaux , "Lawrence d'Arabie" donc mais aussi  "Il était une fois dans l'Ouest" ,"Le Bon, la brute et le truand"  ou encore  "La Prisonnière du désert" de John Ford, et les contes orientaux, afin de construire une histoire universelle qui pourra toucher bon nombre de spectateurs.

Theeb est un récit d'apprentissage qui est tiré d'un conte iniatitique bédouin, et qui montre comment un enfant de 10 ans est amené à s'émanciper de façon un peu trop précoce, tout en restant entravé malgré lui par les coutumes familiales et claniques à laquelle il est asservi.

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Situé dans des paysages d'une fort belle amplitude, Theeb séduit énormément par par la grande qualité de sa réalisation, et de sa  photographie qui mettent tous deux parfaitement en valeur ces paysages situés aux confins du désert d'Arabie Saoudite.

"Theeb"  est donc une tragédie bédouine d'une belle authenticité  qui  parvient à éviter le décoratif et le folklore- des écueils dans lequel il pouvait facilement tomber-   pour s'attacher à tisser une narration certes ténue, mais très solide.

Enfin dernière qualité et non des moindres, le film  révèle  en Jacir Eid -qui joue Theeb- un acteur de 10 ans d'un charisme indéniable et d'une vraie justesse de jeu, assez remarquable pour son âge et son manque total d'experience...

Bref, ne manquez pas ce film s'il joue dans votre région ( voir la page facebook du distributeur pour savoir où il passera) , le dépaysement vous est 100% garanti...