On n'a pas encore fini de chroniquer tous les films de l'an passé que déjà la première semaine cinéma pointe le bout de son nez ce 4 janvier  et heureusement j'avais réussi à voir l'année dernière quelques films de cette semaine.

Parmi ces films trois d'entre eux nous font le portrait de femmes particulièrement combattantes, dans les quatre coins du globe que sont la Palestine, l'Inde...et même la France..

3000nuisafficheOn commence par 1. 3000 NUITS, de Mai Masri. décrit les conditions de vie des prisonnières palestiniennes dans un centre de détention israélien.

Le film le fait à travers le parcours  de Layal une jeune institutrice  palestinienne condamnée dans les années 80,  à huit ans de prison pour un attentat dans lequel elle n'est pourtant pas concernée.

Layal devra  apprendre à cohabiter dans une cellule où elle est mélangée à d'autres détenues, notamment israéliennes, et apprenant sa grossesse en pleine incarcération va décider d'accoucher et garder l'enfant envers et contre tous,dans un univers carcéral nullement propice.

«3000 nuits» est tirée d'une histoire vraie, racontée à la cinéaste,  et nous  montre comment une solidarité peut se créer entre prisonnières dans les épreuves et la dureté de l'univers carcéral.

A l'instar d'Orange is the new black ou du moins réussi La Taularde, nous renseigne sur les conditions de vie particulièrement éprouvantes de prisonnières amenées à cohabiter ensemble, entre violence, jalousies, espoir d'une prochaine libération, désilussions et solidarité envers et contre tous..

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3000 nuits ce sont les 8 années de prison que va vivre Layal , et le montage du film est très bien rendu pour faire comprendre à quel point le temps défile avec beaucoup  de fluidité et d'intensité ..

Une oeuvre qui n'évite certes pas toujours l'écueil du manichéisme ( les personnages de détenues israeliennes manquent parfois de nuance) mais qui repose sur la superbe performance de l'actrice principal, Maisa Abd Elhadi déjà vue dans Dégradé de Arab et Tarazan Nasser, autre long métrage palestinien récent d'envergure.

Une beau portrait de femmes à voir tant qu'il joue sur les ( quelques) écrans qui le projettent cette semaine.

 

.On quitte Israël et la Palestine pour l'Inde où comme le titre du film l'indique, ' 2.Chanda, une mère indienne"  nous fait

chanda-1voyager sur les traces d'une femme de ménage  indienne qui va tenter d'élever sa fille du mieux possible et faire tout pour que sa fille ne suive pas ses propres  traces et poursuive ses études.

Cette lutte contre le déterminisme social est plus une fable  qu'une chronique sociale très réaliste à la Ken Loach ou aux frères Dardenne,  avec quelques facilités et des personnages ( le préfet) un peu trop gentil, mais  la réalisatrice- ancienne publiciste célèbre- ne verse jamais non plus dans le conte à la Bollywwod.

Side nombreuses scènes se déroulent au bord de la rivière Yamuna, juste en face du Taj Mahal, le film évite le coté trop carte postale du décor.

Chanda une mère indienne, un film de Ashwiny Iyer Tiwari

Le film a le mérite d'attirer l'attention des occidentaux sur la part très faible de filles en secondaire, et  le scénario,  parfois un peu prévisible, évite le piège du manichéisme et du didactisme, et constitue au final belle leçon de vie et d'espoir.

CHANDA, UNE MÈRE INDIENNE Bande Annonce (Film Indien - 2017)

primaire-2Enfin dans 3. Primaire d'Hélène Angel, un long métrage qui aura de loin le plus de copie et de portée médiatique des trois, on suit les traces de Florence une jeune institutrice française passionnée   par son métier et entièrement dévouée à ses enfants, ceux de sa classe et même les autres comme ce petit Sacha, d'une autre classe que la sienne mais qu'elle va prendre sous son aile en s'apercevant que celui ci est laissé à lui même depuis qu'il a été abandonné par sa mèr.

Loin de ses films précédents (Peau d’homme, cœur de bête ou Rencontre avec le dragon)  plus originaux, Hélène Angel tente ici le pari du réalisme souvent usité par le cinéma français avec un long métrage qui marche sur les traces de Ca commence aujourd'hui, ou Etre et avoir- pour ne parler que des films sur l'enseignement primaire- sans être aussi passionnant et inventif que les films de Tavernier ou Philibert.

Ici, certains personnages secondaires manquent de corps et certaines scène- celle de la visite de l'inspecteur notamment-  sont trop démonstratives ' mais le film a le mérite de porter un regard bienvaillant et méritoire sur le quotidien des enseignants, mal  considérés par  l'opinion publique dans son ensemble et l'ambiance joyeuse et étouffante d'une salle de classe y est bien rendue.

primaire-0159-768x512De plus, Sara Forestier, plus convaincante que dans la Tête haute, campe une enseignante aussi attachante qu'agacante par son manque de recul et parfois de maturité, et son duo avec un Vincent Elbaz apportant un peu d'humour et de légereté à un film qui en manque parfois, offre de beaux moments de complicité..