Il y a un peu plus d'un  an, j'avais déjà sondé une partie du cinéma chilien à travers deux films qui sortaient en salles dont El Club de Pablo Larrain. Au gré de cette année 2017 qui débute, parlons rapidement de deux  nouveaux films sur le Chili, et notamment sur sa grande Hhistoire , à travers deux parties de l'histoire politique d'un pays qu'on connait finalement assez mal : "Neruda ",  actuellement à l'affiche et "Colonia", en DVD depuis peu.

  Commençons par Neruda, et donc encore un film de Pablo Larrin ce qui est assez logique vu que depuis ses débuts, le réalisateur chilien Pablo Larrain s’intéresse au passé de son pays et aux grandes figures qui en ont fait l’histoire.

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Loin d’être un biopic du poète et homme politique chilien Pablo Neruda, ce nouveau film de Pablo Larrain  raconte l'histoire menée par l’inspecteur Oscar Peluchonneau pour arrêter Neruda  en 1948, dans une lutte du gouvernement pour débarrasser des communistes.

En 1948, le président Videla mène une politique anticommuniste soutenue par les États-Unis qui voit Neruda  destitué de son mandat. Menacé d’emprisonnement, le poète prend le chemin de l’exil. Il défie les services de police et compose une partie de ce qui constituera son oeuvre tant adulée.

 Loin de l'image de Neruda qu'on avait eu dans "Le facteur"  film italien sympathique  de 1995 avec Philippe Noiret, Pablo Neruda, poète et sénateur communiste admiré et redouté pour ses idées en pleine Guerre Froide.

Malheureusement,  le film de Neruda trop fantasmé et onirique ne nous apprendra rien ou presque du  grand poète, la faute à un scénario décousu et une fausse bonne idée du scénario celle de faire de Oscar Peluchonneau  un personnage plus fantasmé que réel et qui lasse assez vite, malgré le jeu solide de Gael Garcia Bernal, qui l'incarne.

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 UN objet inclassable, aux frontières de la reconstitution historique, du drame et de la comédie métaphysique, le film souffre de n'avoir aucun véritable enjeu et de rester limiter à l'exercice de style.

 Long, prétentieux et avec une image blafarde et bleuté pas très heureuse ( le péché mignon de Pablo Larrain mais d'habitude la force du scénario fait oublier ce défaut), privilégiant des couleurs ternes et délavées , Neruda décoit énormément.

Neruda, qui a l'ambition d'être un anti biopic - comme c'est souvent le cas dans les films récents- passe malheureusement  à côté d’un sujet pourtant passionnant.

En attendant  fébrilement son Jackie – avec Natalie Portman dans le rôle de l’épouse de John Kennedy – qui sortira dès le 1er février, ce Neruda a tout du rendez vous manqué avec un grand homme de l'histoire du Chili.

Bande-annonce « Neruda »

 

coloniaPlongeons quelques années après la fuite de Neruda, soit  en 1973 sous la dictature de Pinochet, avec Colonia, également d'une histoire vraie, sorti en FranceTV Distribution depuis le 23 novembre 2016.

On y suit la descente aux enfers d'un jeune couple, qui sombra dans l’horreur de la dictature Chilienne et y découvrit les pires atrocités commises par un ancien dirigeant nazi réfugié en Amérique du Sud,

Le film, réalisé par  l’Allemand Florian Gallenberger,  nous raconte  l'histoire  très méconnue en Occident du camp "Colonia Dignidad d"irigée par Paul Schäfer, ancien nazi en fuite, et prétendument consacrée au recueil et à l'éducation d'orphelins, qui  travaille en accord avec la Dina, police secrète de Pinochet, torturant, ses opposants les plus représentatifs, puis leur imposant, s'ils survivent, une "rééducation" dont l'objectif est de briser en eux toute "dignité" et, par conséquent, toute velléité d'insoumission.

 Traité très frontalement- contrairement à Neruda- , le film fait un peu penser à « Midnight Express », avec le Chili à la place de la Turquie et le cinéaste sait nous plonger quasiment immédiatement dans l’enfer  de cette prison qui a tout d'une secte.

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En déplit d'une réalisation parfois maladroite, et de certaines invraisemblances de scénario,  « Colonia » a l'immense  mérite de lever le voile sur des faits méconnus  et qui terrifie. 

Malgré sa nationalité allemande, le réalisateur n'hésite pas à souligner la compromission de l'Allemagne dans ce qui pourtant fait ressurgir cruellement les fantomes du nazisme.

Un film joliment romanesque, particulièrement haletant, et très bien joué par un tandem Emma Watson/ Daniel Bruhl particulièrement impliqués.

COLONIA - Bande-annonce