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 Dans la lignée des années Obama qui se sont arrétées d'autant plus tristement que l'avenir est particulièrement flou et progblématique, Etats-Unis et Hollywwood semble enfin  prêts à regarder en face cette part sombre de leur histoire et à traiter de la question raciale.

Ainsi; en ce début d'année 2017; sont  sortis  (ou vont sortir) plusieurs films qui sondent la question noire, soit de façon contemporaine ( le superbe "Moonlight", en salles depuis  hier  et sur lequel on revient vite) soit sur le versant historique, mélangeant petite et grande histoire ( le beau Loving de Jeff Nichols ou le Frences de Denzel Washington qui sortent courant février en France).

Dans cette seconde catégorie, rentre forcément  le premier long métrage de l'acteur américain Nate Parker : « The Birth of a nation", un film qui quelques mois avant sa sortie était annoncé avec tambours et trompettes (  il faut dire que le film a reçu le Prix du public et Grand Prix du Jury lors du dernier festival de Sundance, et semblait bien parti dans la course aux oscars) et qui hélas a connu une sortie assez confidentielle et pour le mmoins mitigée le 11 janvier dernier.

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Il faut dire que depuis le passé sulfureux de Nate Parker a copieusement terni son image, et forcément même les grands défenseurs du film- comme le slameur français Abd Al Malik qui a assuré la voix française du personnage principal ainsi que pas mal d'avant premières où il aaccompagné le film dans toute la France- ont un peu de mal à éteindre l'incendie des fervents détracteurs du film.

Et pourtant ce Birth Of a nation que j'ai vu en novembre dernier au Comoedia ne méritait pas une telle indifférence voir un tel mépris, car malgré quelques défauts et maladresses- surtout dans sa partie finale, trop ambigue et brutale pour convaincre- ce long métrage reste passionnant et salutaire.

Avec un titre choc, qui  rappelle celui jugé profondément raciste réalisé  il y a un siècle par Griffith la vision du long métrage de Parlker s'imprime  néanmoins avec force et témoigne d'un  incontestable  talent cinématographique.

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« The Birth of a nation » retrace le parcours véritable du prédicateur noir Nat Turner durant la douloureuse période de l’esclavagisme.  Ce  peuple opprimé depuis de longues années  avait besoin d’un signe pour se révolter, Nat Turner fut l’étincelle qui fit s’embraser les esprits..et on ne peut ainsi que louer la détermination d'un  Nate Parker passionnément engagé pour le défendre, au détriment visiblement d'une certaine réalité historique- son soulevement semble dans le film moins collectif qu'il ne l'a été en réalité.

Evidemment, on ne pourra s'empecher de comparer le film à de récentes grandes œuvres cinématographiques sur l'esclavage tel que "12 years a slave" et "Django Unchained" et évidemment aussi le film apparait moins maitrisé, moins inventif, plus édifiant certainement,  mais  le film ne possède pas moins un lyrisme et une ambition assez incontestables  qu'il  est vraiment très difficile  de balayer d'un revers de main comme cela a été le cas  dans la grande majorité des tribunes dédiées au film.

L'alliage réussi entre le fond et la forme donne  en effet cette œuvre passionnante, émouvante et prenante de bout en bout qui sera probablement réevaluée avec les années  .