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En tombant hier soir par hasard sur les pages ciné d’un quotidien de droite (bon y ‘en pas des masses ca va etre facile à trouver), je me suis rendu compte que le Film Cruel d’Eric Cherriere était sorti en salles  mercredi dernier sans que je m’en rende compte, ce qui est assez étonnant vu à quel point j'ai tendance depuis tout petit à  scruter la liste des sorties de la semaine plusieurs mois avant.

 Et en lisant cette critique très élogieuse de ce film, j’ai regretté de ne pas avoir parlé de ce film auparavant car j’avais vu ce film il y a maintenant près de deux ans lors du Festival de Beaune 2015 et j’avais même passé quelques temps avec son réalisateur comme je l’avais annoncé dans mon compte rendu du festival. 

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Au cours de ma longue rencontre de plus d'une heure  avec le cinéaste- et auteurs de polars Éric Charrière que j'ai pu interviewer  à l'occasion de son premier film présenté dans le cadre de cette sélection Sang Neuf,  on avait bien insisté sur le côté très indépendant du film, fait sans aucun financement extérieur et complètement à la marge des studios traditionnels, et je vous avouerai que je ne pensais pas à l’époque que le film trouve un distributeur pour le sortir dans les salles.

 Alors certes, le distributeur Aanna Films (plutôt sur le marché des films indien :o) n’a sorti Cruel que sur 5 copies en France, mais le geste est suffisamment fort pour être souligné tant le film porte haut sa marginalité et sa radicalité.

 Car " Cruel", portrait d'un sérial killer toulousain ordinaire et mélancolique, est un long métrage  produit pour moins de 350.000€, et cela se voit évidemment à l’image, mais ces contraintes financières et esthétiques sont compensées par un parti pris fort, celui de nous montrer le quotidien d’un serial killer tout ce qu’il ya de plus banal qui tue  des jeunes filles sans aucune motivation ni sexuelle ni psychologique.

 

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Écrivain de polars déjà assez glaçant,  Éric Cherrière  assume totalement dans son premier long sa radicalité et le côté  terrifiant  (mais jamais gore) de son œuvre, et réussi à insuffler une tension constante rendant le film dérangeant, et qui confère  à ce Toulouse rarement filmé au cinéma un coté à la fois ordinaire et singulier.

Il est aussi grandement aidé par son acteur principal, Jean jacques Leilté, un total inconnu qui n’avait jamais joué la comédie, dont le coté sec et torturé rajoute au malaise ambiant ressenti par le spectateur.

Au final un film certes inabouti (le manque de moyens se fait parfois cruellement ressentir), mais suffisamment déroutant et inconfortable, pour imprimer la rétine et la mémoire, même deux ans après l’avoir vu :o)