C'est à un fantastique voyage à travers le temps et l'espace que nous invite l'exposition événement "Les aventuriers de la mer, de Sindbad à Marco Polo". Il ne reste plus qu'une semaine pour mettre le cap vers les océans alors, en route, moussaillons ! Larguons les amarres et en avant toute, direction l'Institut du Monde arabe !

                                   Affiche de l'exposition "Les aventuriers de la mer : de Sindbad à Marco Polo""

Si vous êtes parisien, vous avez difficilement pu échapper à l'immense boutre omanais qui s'étend fièrement sur 31 mètres de longueur et 6 mètres de largeur sur le parvis de l'Institut du Monde Arabe, depuis quelques mois. Arrivé tout droit du port-musée de Douarnerez, le flambloyant Nizwa est une réplique des boutres traditionnels du IXème siècle, navires réputés pour leur solidité et leur tenacité à naviguer sous les moussons. Ainsi, le visiteur est appelé, bien avant le début de l'exposition, à embarquer pour une formidable épopée maritime...

                                    Copyright : Thierry Rambaud

À travers une exposition courte mais d'une richesse et d'une densité incroyables, on remonte sur les traces de navigateurs, d'explorateurs, d'aventuriers illustres dont les noms évoquent à eux seuls une porte ouverte vers l'Ailleurs

 

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Du début à la fin de l'exposition, de la Méditérrannée aux confins de l'Océan Indien, on navigue entre les astrolabes, les cartes - à noter la somptueuse mappemonde de Fra Mauro, datant environ de 1450 et les deux vues de Venise et d'Istanbul de Pini Reis, vers 1670 - auxquelles une salle entière est consacrée, des gravures, des photographies en noir et blanc de l'écrivain aventurier et amoureux des mers australien Alan Villiers, des objets provenant du commerce - des céramiques iznik, un sompteux brûle-parfum, des pièces de jeu d'échec en ivoire, cf. illustrations -, mais aussi des vidéos et des projections signées Christine Coulange - "Prendre la mer", "Comores, le chant de la mer" et "Zanzibar, au carrefour du monde". 

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Ibn Majid, Ibn Battûta, Marco Polo, Zhang He, Vasco de Gama... Ce sont les explorateurs eux-mêmes qui nous guident : leur voix nous sert de boussole, nous indique la direction à prendre.

On connaît bien sûr Marco Polo et Vasco de Gama, tout comme on connaît Christophe Colomb. Pourtant, les marins arabes mis en lumière ici ont, tout comme ces marins europééns, eu une importance majeure dans les Grandes Découvertes... Surnommé "le muallim", Ibn Majid était un des plus grands navigateurs du Moyen-Age. Selon certains spécialistes, il aurait notamment servi de pilote à Vasco de Gama et serait à l'origine de l'invention de la boussole. Ibn Battûta était également un des plus grands voyageurs du Moyen-Age : pendant vingt-cinq ans, il a parcouru l'Ancien Monde, jusqu'à la Chine, en passant par la Syrie, la Perse, les Maldives ou encore, le Sumatra.

La scénographie est elle aussi, impressionnante. Aux sols, des lignes se croisent, représentant méridiens et parallèles, de sorte que l'on a l'impression, nous aussi, de marcher sur le monde. Tous les supports ont été explorés pour mettre en valeur un véritable patrimoine maritime.

L'exposition rend également hommage à la mer, à la fois attirante et dangereuse, fascinante et imprévisible, hostile et merveilleuse. Lieu stratégique d'échanges et de liens, de quêtes et de conquêtes, de découvertes, véritable trait d'union entre deux Inconnus, à l'origine de la création de nouvelles civilisations, et de l'enrichissement des peuples, au sens propre comme au figuré. C'est par elle que transitaient toutes les denrées de l'Orient à l'Occident : les épices, les textiles, les matériaux précieux, les objets d'art... C'est grâce à elle que certains empires ont pu devenir des thallassocraties, asseoir et étendre leur puissance.

Elle est aussi cette source d'inspiration profonde et infinie d'écrivains comme Voltaire, comment ne pas penser à l'El Dorado décrit dans Candide en admirant les multiples denrées importées de Zanzibar, d'Inde, du Ceylan, de Bengale ou encore de Java ? Comment ne pas penser à R.L. Stevenson et à son île au Trésor, décrivant les conditions terribles d'un voyage de plusieurs mois sur les mers ? Car ils ont aussi été ces aventuriers de "l'amer", confrontés à l'horreur des maladies des marins, comme le scorbut, qui décimaient leur équipage, la faim, la soif, les intempéries.

Elle est cette immensité magnifiquement redoutable que chaque aventurier a souhaité, à sa manière, dompter, parfois à ses risques et périls..Mais toujours pour offrir à l'Humanité un pas de plus vers l'Ailleurs.

Il ne vous reste plus qu'au 26 février pour aller admirer les splendeurs qu'offre cette exposition, alors, n'attendez plus et partez pour l'aventure .!

Informations pratiques

Institut du Monde Arabe, 1, rue des Fossés Saint-Bernard, 75 005 PARIS

Ouvert du mardi au vendredi de 10h à 18h et le week-end de 10h à 19h.