Lors du récent  festival Quais du Polar, on n' a pas pu réaliser  toutes les rencontres prévues au départ, la faute à une méchante angine toujours un peu difficile à se défaire au jour d'aujourd'hui, mais on a quand même réussi à passer un bon moment avec  Jenny Rogneby, une romancière suédoise vraiment étonnante qui a déboulé depuis peu dans la littérature policière mondiale  avec une héroine Léona, particulièrement singulière et qui a fait l'objet de deux romans dont le premier volet est déjà disponible en poche... 

Si on n'a pas encore totalement fini de vous donner le compte rendu de l'interview avec Jenny, voici déjà nos chroniques des deux romans dont Léona est l'héroine, deux romans dont on s'est partagés la lecture, Michel dévorant le second volet, et moi même le premier...

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1. Léona T1, les dés sont jetés (Pocket) 

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 " Je m'étais avouée vaincue. Il ne servait à rien de faire semblant. C'est comme si les gamins avaient un radar intégré qui détectaient le manque d'honneté. Mes sentiments pour eux avaient toujours été authentiques, mais je ne disposais tout simplement pas des compétences nécessaires. Je devais me résoudre à l'accepter. Admettre que je ne pourrais jamais leur donner tout ce dont ils avaient besoin. Je me l'étais repeté d'innombrables fois. Ca ne rendait pas la chose moins difficile". 

Un braquage particulièrement étonnant qui voit une petite fille de 7 ans tenir en joue une banque juste avec une pecluche et un magnétophone dont le message terrorise tout le monde, et une enquêtrice, Léona Lindberg, chargée de trouver le coupable, mais qui dissimule  un secret qu'un journaliste un peu trop curieux pourrait bien connaitre et qui pourrait bien bouleverser le résultat de cette enquêtre.

 Avec ce personnage de Léona Lindberg, flic particulièrement aytpique et borderline, manipulatrice mère vraiment pas idéale, enquêtrice hors pair qui manie son enquête selon ses règles et pas du tout selon l'éthique et la morale , Jenny Rogneby fait valser le modèle social et culturel suédois idéal et lisse aux yeux des européens.

Et elle nous propose un page turner particulièrement prenant et efficace sans concession et au tempo particulièrement précis. qui ne laisse aucun répit à un lecteur qui n'en demandait pas tant et qui cherche vainement à reprendre son souffle...

A coup sur, le fait que l'auteur ait été chanteuse- pour un girls band qui a fait la première partie de Michael Jakson- a sans doute quelque chose à voir avec cette maitrise du rythme...

Un personnage sombre, passionnant et étonnant qu'on a très envie de continuer à suivre dans ses prochaines aventures.. 

 

2. Leona T2, la fin justifie les moyens   ( Presse de la Cité) 

 

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« Je venais seulement ici pour qu’on m’aide à faire le deuil de mon fils, pour remettre de l’ordre dans ma vie  après mon divorce. Pour me débarrasser de mes troubles du sommeil et de ce qu’Aimi considérait comme une addiction au poker. Toutefois, impossible de s’y méprendre. C’était bien mon patronyme au sommet de la page, précédant les indications suivantes : Délire sérieux. Tendances psychopathiques. Troubles de la personnalité antisociale ? »

Leona Lindberg est inspectrice à la brigade anticriminelle de Stockholm. Une très bonne flic appréciée de ses supérieurs et très douée  pour transmettre son savoir, elle anime souvent des séminaires devant ses collègues inspecteurs. Mais la vie de Léona est un peu plus compliquée, le soir parfois elle donne des conférences au thème surprenant : « Comment perpétrer des crimes sans se faire prendre et sans blesser la moindre  personne » à un public très, très attentif.

Leona a aussi d’autres soucis, le deuil impossible de son fils âgé de cinq ans, et un banquier français à qui elle doit beaucoup d’argent pour cause de blanchiment.

Alors bien sûr, Leona devient surbookée lorsque sa supérieure lui confie l’interrogatoire d’un terroriste qui a survécu à l’explosion de sa ceinture  devant le parlement suédois. Leona prend garde, tu es tout près du burn-out.

Désafectivée, masochiste, dominatrice, menteuse et manipulatrice, hyperactive, insomniaque et très, très intelligente, Leona vit par-delà le bien et le mal.

Alors avec un tel personnage, Jenny Rogneby peut tout se permettre et c’est ce qu’elle fait. Est-ce réaliste ou un peu too-much ?

De toute façon le lecteur s’en fiche, il est emporté dans une histoire qui file à trois cents à l’heure. Avec cette héroïne border line, une fois  passé les bornes il n’y a plus de limites…

 


Et comme promis, Jenny Rogneby nous en dit beaucoup plus sur son personnage dans une interview à paraître très vite...