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Le jeudi 13 avril au Transbordeur, le groupe  The Ginger Accident a rendu un vibrant hommage à Slow Joe, et cet instant fut d'autant plus émouvant que cela se passa à Lyon, la ville d’adoption de Slow Joe depuis 2011.

Le combo a ce soir là chanté Slow Joe sur scène, pour que résonnent encore les mots de cet artiste hors normes .

Les quatre rockeurs  lyonnais ont pu ainsi  revisiter  les deux albums parus en 2011 et 2014, ainsi que Let Me Be Gone, l'album posthume sorti en début 2017 : partageant le chant et harmonies à quatre voix, ils ont parfaitement réussi à incarner l'esprit  Slow Joe et célébrer la liberté et l'amour auxquels le crooner indien s’était voué jusqu'au 1er mai 2016, date à laquelle Slow Joe succomba à une  une rupture d’anévrisme foudroyante.

Depuis cinq ans, Slow Joe avait trouvé refuge sur les pentes de la croix rousse, Place Sathonay- un coin que je connais pas mal, et ce décès soudain a ému tout le quartier- dont la maire de l'arrondissement , qui a rendu un vibrant hommage- et qui a rendu ce concert lyonnais du 13 avril si profondément émouvant, aux relents célestes et mystiques.

Des relents que l'on ressentait déjà à l'écoute de "Let Me Be Gone", son troisième album sorti donc de manière posthume pour Slow Joe  qui sy livre dans un ultime envol.

Il faut dire que le  parcours de cet artiste hors du commun est particulièrement singulier : en décembre 2009, alors qu’il n’avait jamais chanté que pour lui seul, Slow Joe quitte l’Inde pour y donner le premier concert de sa vie aux Transmusicales de Rennes et rencontrer alors les 4 musiciens de The Ginger Accident qu'il ne quittera plus jusqu'à son déces.

 C’est le début de la courte-mais néanmoins folle- aventure Slow Joe & The Ginger Accident, marquée  quand même par plus de 300 concerts et trois albums , puisque avant " Let Me Be Gone" sont sortis "Sunny Side Up" (2011) et "Lost for Love" (2014).

Un groupe résolument atypique, qui dépasse largement le concept un peu expérimental qu'il semblait préfigurer. 

Let me be gone, le troisième et donc ultime album de Slow Joe & The Ginger Accident,  semble résonner au-delà des ténèbres ,   un monde dans lesquels les  influences indiennes se font grandes,  avec en ouverture un chant traditionnel en Konkani, la langue de Goa,  que Slow Joe, de sa voix guturale , qui endosse parfois un costume du crooner qui lui sied parfaitement,  semblait proférer du tréfond de son âme.
Dans ces mélopées blues  aux sonorités indiennes encore plus  prégnantes que dans les deux précédents opus, Slow Joe y semblait y célébrer  la vie de liberté et d'amour qu'il a pu traverser tout au long de son existence.
Slow Joe est certes parti il y a tout juste un an,  en emportant avec lui une flopée de secrets, ceux qu'il n'avait pas (encore?) livré dans ses enregistrements audios,  mais sa musique et sa voix resteront gravés à la postérité et The Ginger Accident n'a pas fini de lui rendre le vibrant hommage qu'il mérite amplement..