negro

Après "Get Out", ce thriller d'épouvante politique formidable que j'ai vu un peu après Michel et que j'ai autant aimé que lui  d'autres oeuvres continuent à mettre en exergue avec brio la difficile relation des USA avec sa population noire et le passé sanglant qui les lient

 Plus que jamais   la lutte pour les droits civiques est essentielle et le documentaire « I am not your negro » sorti dans les salles le 10 mai dernier après avoir été diffusé sur arte est une formidable illustration et un formidable témoignage qui montre à quel point l'histoire des USA est inséparable de celle de sa minorité noire.

 negro2Par la voix de l’écrivain américain James Baldwin, le réalisateur interroge la violence faite aux Noirs depuis toujours. Peu connu en France (alors même qu’il y passa une grande partie de sa vie et qu’il y mourut en 1987, dans sa maison de Saint-Paul-de-Vence) cet humaniste magnifique au talent d’orateur exceptionnel, s’est fait le porte-parole de la cause noire dans son pays où il a combattu sans relâche les injustices à l’égard de sa communauté.

 Le film est appuyé également par la magnifique voix off que Samuel L. Jackson- Joey Starr en VF-  qui montre à quel point  le sens de la formule, et la lucidité de James Baldwin, sont autant élaboré, que d'une profonde clairvoyance.

 Très beau film du réalisateur, Raoul Peck, y fait revivre les écrits de James Baldwin, auteur ayant milité aux côtés de Malcom X et Martin Luther King pour les droits civiques des noirs aux Etats Unis qui montre combien  L'histoire des Etats-Unis et celle des Noirs se confondent, explique Baldwin, et ce n'est pas une belle histoire

Une ’Amérique collosse aux pieds d'argiles qui s’est construit sur la violence, depuis le génocide indien jusqu’à l’esclavage des noirs.  James Balwin,  y apparait ainsi comme magnifique orateur,et le film  « I am not your negro »comme une  oeuvre à voir, indispensable pour se rappeler que les équilibres sont fragiles à maintenir.

 

obamaSimultanément les éditions Grasset ressortent   l'ouvrage De la race en Amérique  publié la première fois  en 2008 aux éditions Grasset, avant même l’investiture de Barack Obama comme candidat du Parti démocrate à l’élection présidentielle, et alors qu’il était donné perdant face à Hillary Clinton. Il a été un grand succès.


Au mois de mars 2008, Barack Obama est attaqué par ses adversaires pour sa proximité avec un pasteur proche du mouvement des Black Panthers. Le 18 mars, à Philadelphie, il leur répond de façon spectaculaire en prononçant un discours immédiatement reconnu, à droite autant qu’à gauche, comme l’égal du « J’ai fait un rêve » de Martin Luther King, du discours d’investiture de John Kennedy ou de l’adresse de Gettysburg de Lincoln.
Une leçon d’humanisme à l’heure où la vindicte, la division et l’agressivité systématique sont au pouvoir en Amérique et dans bien d’autres pays.Cette version,  bilingue, est la seule édition mondiale autorisée par le Parti démocrate, qui a révisé le texte.

 " En somme, ce que l'on attend de nous n'est ni plus ni moins ce que toutes les grandes religions du monde exigent : que nous nous comportions envers les autres comme nous aimerions qu'ils se comportent avec nous. Sois le gardien de ton frère disent les écritures. Soyons le gardien de notre soeur. Trouvons ensemble le dénominateur commun qui nous rassemble et faisons en sorte que notre vie politique réflète cet état d'esprit."

Le 4 novembre 2009, Barack Obama est élu 44ème président des Etats Unis. C'est la première fois que les Américains élisent un président noir. Par son idéal rassembleur, Barack Obama a su dépasser les clivages raciaux et susciter l'espoir du changement. Comme il l'affirme dans le discours prononcé à Philadelphie le 18 mars 2008, "la race est une question que [l'Amérique] ne peut se permettre d'ignorer" mais son programme repose sur l'espoir "d'une Amérique plus juste, plus égale, plus attentionnée et plus prospère".

Ce texte d'une grande force,  prouvait une nouvelle fois combien l'ancien président est un formidable orateur et formidable écrivain, loin des discours démagogiques et des promesses électorales en carton. Un texte intemporel, humaniste doté d'une grande rhétorique à lire et relire à chaque fois qu'on a le sentiment que ces évidences méritent d'être rappelées.

 

case Enfin, toujours sur la thématique de la question noire  aux USA,  notons la réédition dans le cadre de la collection "Folio Junior- Textes classiques" - du superbe roman de Harriet Beecher Stowe  "La case de l'oncle Tom", publié peu de temps avant la guerre de Sécession, dont l'incroyable succès a fortement contribué à aboutir à l'abolition de l'esclavage.

Un indispensable de la littérature jeunesse , un témoignage sensible et plaidoyer fervent  qui a formidablement servi  la cause abolitionniste.

Une histoire intemporelle qui mérite plus que jamais qui mérite d'être mise entre les mains de nos enfants  pour amener les bases d'une réflexion sur la tolérance et le respect de l'autres, malgré ces fondamentales différences.

"C'était la première parole de bonté que Topsy eut jamais entendue.La douceur de cette voix, le charme de ces façons agirent étrangement sur ce coeur sauvage et indompté.... et dans cet oeil rond, perçant et vif, on vit briller quelque chose comme une larme."

Outre ses qualités pédagogiques et militantes évidentes, le livre possède également comme tous les grands classiques une qualité littéraire indéniable tant la plme de Harriet Beecher Stowe possède un souffle et une justesse à conseiller aux jeunes dès 10 ans, et aux plus grands sans la moindre hésitation!!

Une  belle réédition avec à la fin de l'ouvrage un carnet de lecture qui permet de contextualiser l'ouvrage dans son époque et insister sur le caractère indispensable de son livre, en montrant que parfois la littérature peut changer le monde et les mentalités.. Un incontournable à lire de générations en générations...