ob_dd8eef_ce-qui-nous-lie-film-critique-photo-01 En ce lundi matin  de juillet, on vous propose un petit retour, un mois après sa sortie, sur le dernier film de Cédric Klapisch, tourné dans un vignoble de Bourgogne . et qui nous a vraiment bien séduit, malgré l'accueil assez tiède de la presse et même du grand public qui réserve souvent un meilleur sort aux films du cinéaste du Péril jeune.

«Ce qui nous lie", c'est, sur un sujet du film de terroir qui a donné beaucoup de films pas terribles (comme le sinistre Premiers Crus avec Gérard Lanvin) qui ramassait tous les clichés à la pelle), une comédie dramatique d'une émotion profonde dans laquelle les moments de complicité et de rire ne sont pas  pour autant oubliés.

Tiraillés entre la terre de leur naissance qui les retient et l'envie de s'émanciper pour vivre la vie qu'ils ont choisie,  les trois frères et soeurs du film de Klapish doivent prendre une décision cruciale pour leur vie professionnelle et privée : que faire de ce domaine légué par leur père ?

Belle réflexion sur l'héritage et, au-delà, la transmission.

Ouf, mille fois ouf : ce film n'a rien du spot régional sponsorisé par la Bourgogne qu'on aurait pu craindre, mais demeure une belle aventure profondément humaine, un film joyeux et très juste, et  très bien documenté.

Beau script, avec cette  belle histoire d'une passion transmise de père en fils et en fille pour le terroir, la vigne, le vin que l'on déguste, dans laquelle  on a le sentiment de vivre au rythme de la nature :le  tournage s'est étalé sur une année entière, ce qui a permis à Cédric Klapisch de prendre le temps de filmer les vignes à toutes les saisons. 
Plus habitué à filmer les villes européenes, le réalisateur  surprend par sa capacité à sublimer ainsi la région
et la nature.

Ce qui nous lie ✔✔✔Belle chronique familiale qui se teinte aussi d'une dimension écologique évidente,  avec une propension à écouter la nature, car c'est bien à la vigne elle même de nous dicter le moment où elle doit être vendengée, et l'homme n'a qu'à se plier à ses volontés.

Ce n'est pas à l'homme de décréter la date de début des vendanges, c'est à la vigne de signifier par la maturité du raisin qu'elle est prête à être vendangée et les méchants voisins qui utilisent du pesticide seront aussi  rabroués,  sans que le film ne fasse didactique ou donneur de leçons, c'est tout l'art de l'écriture de Klapisch.

Jolie réflexion,sachant alterner avec justesse entre mélancolie et humour, sans oublier la belle  dose de nostalgie où il est question de la transmission, de paternité et de cette difficulté à  vivre sans  reproduire le schéma de son paternel, mais sans  renier totalement non plus son héritage.

Ces terres, ces vignes et ces murs portent un peu de leur âme et on le ressent bien à travers nombreuses séquences touchantes.

Ce qui nous lie ✔✔✔

 

Enfin, beau casting parfaitement rodé :  Pio Marmai, Ana Girardot et François Civil nous bouleversent et nous cueillent et forement des membres d'une fratrie auxques on croit totalement .

Un  fort joli film de Klapisch qui ne nous déçoit pas du tout.               

               
Et un dernier mot sur la  chanson titre interprétée par Camelia Jordana . Une chanson Lancinante, et bien dans l'esprit du film ..