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 Même si la plupart des concerts présentés cette année à Fourvière ont affiché sold out,  il y a des "complets" qui semblent encore plus l'être que l'autre.

Prenez  par exemple le théâtre antique lundi soir dernier pour le concert de Vianney.

S'il est vrai que je suis arrivé un peu à la bourre (qui a dit comme toujours?)- pour aller applaudir le jeune prodige de 26 ans qui, en moins de deux ans, est devenu une star incontournable de la chanson française, j'avais rarement vu les travées du théâtre antique aussi noires de monde, bien plus notamment que pour l'enfant du coin, notre Benji national, dont le concert le mois dernier affichait pourtant lui aussi bien complet plusieurs semaines auparavant.

D'ailleurs, Vianney lui même, semblait surpris du monde présent à Lyon lundi soir, interpellant à plusieurs reprises les spectateurs pour savoir combien cela représentait de personnes, un chiffre que personne ne semblait être en mesure de lui donner.

Allez, même si je ne me suis pas amusé non plus à compter ( ben, faut bien pianoter sur son petit smartphone pour faire un concert en life tweet), on va dire à vue de nez qu'on était lundi soir 4000 à taper dans les mains à l'unisson avec Vianney.

Un Vianney qui n'aime rien de plus que jouer avec son public et lui faire accepter quelques requêtes parfois incongrues, comme par exemple de faire des "oh" rythmés sur ses ballades les plus tristes, ou de faire le maximum de bruit lors d'un passage particulier de son tubesque "Pas là", quand il est  notamment question de la maison des abeilles, comme le grand nombre d'habitués aux concert de Vianney a tendance à le faire à chaque concert.

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Car, un peu comme c'était le cas pour le Bruel de la grande époque, il existe une vraie "Vianneymania", que l'on ressent très vite dans les concerts du jeune artiste en vogue, où certains spectateurs(trices) n'hésitent pas à couper certains morceaux à base de "je t'aime Vianney" ou de cris les plus énammourés, et visiblement, pour avoir discuté un peu avec certains fans, certains d'entre eux n'hésitent pas à faire des centaines de kilomètres de route pour suivre leur idole à chacune de ses dates.

Personnellement, je n'en suis pas encore là, puisque ce n'est (que?) la seconde fois que je voyais Vianney en concert.

Je dois avouer que la toute première fois revêtait du reste  une saveur un peu amère, puisque son concert avait lieu au Radiant de Caluire en novembre 2015, soit quatre jours à peine après les attentats du Bataclan. Vianney avait beau donner toute son énergie et son talent pour tenter de nous embarquer dans son univers, on ne pouvait s'empecher de regarder à droite et à gauche si aucun terroriste n'allait pas venir trucider la salle dans son entier, bref les conditions d'écoute et de recueillement n'étaient pas idéales, d'autant plus que Vianney lui même semblait être un peu géné de se produire aussi rapidement après cette terrible tragédie.

Cependant, j'avoue ce soir là de novembre 2015 m'être demandé si le choix de Vianney de chanter exclusivement en solo, sans être accompagné d'aucun musicien, à part sa fidèle guitare, qu'il surnomme Pauline, était des plus judicieux, tant certains morceaux avaient du mal à exister totalement dans cette composition là.

Ainsi, lorsque lundi soir, Vianney, particulièrement loquace sur scène, nous a fait très vite comprendre que ce soir là aussi, et comme sur toutes les dates de sa tournée, il sera encore tout seul avec Pauline j'ai eu peur de ressentir la même petite frustration.

Or, sans réussi à évaluer totalement si cela était lié à l'ambiance bien plus chaude de Fourvière 2017 que du Radiant 2015 ou au fait qu'en deux ans, Vianney ait acquis suffisamment d'expérience et de bouteille pour ne pas lasser une seconde son auditoire,  toujours est il que  ce lundi 24 juillet 2017,  Vianney a totalement envouté un public certes déjà acquis à sa cause.

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Lundi soir, Vianney aura donc fait tout mieux qu'il y a deux ans :  il maitrise aussi encore bien mieux les fonctionnalités de sa fameuse pédale loop ,  sa voix a gagné en puissance et en tenue sur des notes hautes, mais surtout il a montré à quel point il était une véritable bête de scène avec un charisme indéniable et particulièrement à l'aise avec le public, même quand il est aussi nombreux!

Si la setlist choisie par Vianney aura  fait la part belle au dernier album ( les excellents et entrainant «  Dumbo »,et « Moi aimer toi" et le déjà sur toutes les lèvres « Je m’en vais »), il n'aura pas oublié- cela sera plus difficile de ne rien oublier dans 15 à 20 ans lorsqu'il l'aura étoffé considérablement- de balayer le répertoire de son premier album, Idées Blanches,  cet album qui l'aura révélé à la face du monde, je veux parler des titres qui sont sur toutes les lèvres comme « Pas là », « Véronica »  ou un "Je te déteste",  qui aura lundi soir  su galvaniser une foule qui n'en avait pas besoin.

Vianney_08Avec toujours au bout de la plume ce souci du mot juste, Vianney,  et ses faux airs de genre idéal, aura fait sonner ce soir là à Fourvière des allitérations souvent autour des difficultés amoureuses et relationnelles,  et n'a eu aucun mal à nous emmener dans son univers.

 Alternant avec un bel équilibre séquences légères et enjouées et moments plus intimes et souvent assez déchirants, Vianney finira le concert dans un vrai moment de grâce avec  Le Galopin - une très  jolie chanson piano-voix qui cloture le concert comme elle cloturait  l'album, pleine de poésie et de force (dommage simplement qu'il n'ait pas chanté  l'autre grand titre de son second album, L'homme et l'âme, inspirée de la tuerie du Bataclan, sans doute trop chargé émotionnellement parlant) .

Bref, un spectacle passionné, énergique et fusionnel qu'on n'oubliera pas de sitôt..

 

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Comme on n'oubliera pas non plus l'excellente première partie avant Vianney, même si le terme "première partie" est un peu galvaudé pour un artiste de la trempe d'un Tété la veille de ses 42 printemps (un anniversaire pas oublié par ses fans qui le lui ont fété à la fin du concert devant un Tété visiblement ému).

En tout juste 45 minutes (un peu trop court, hélas tant son univers s'installe dans la durée) Tété aura dans ce concert inaugural (c'est mieux, vous ne trouvez pas?)  chanté plusieurs morceaux de son dernier et excellent album  en date"Les Chroniques de Pierrot Lunair"e.

Tété 3Un album sorti en 2016 qui marquait un retour aux sources entre blues et folk, dans lequel  sa voix limpide renoue avec le dépouillement sonore des débuts, celui de ses  racines : la musique de rue, de bars avec de superbes chansons pleine de vie, de vraies chroniques qu'il raconte avec implication et détachement en même temps.

On aimera autant les chansons de ce dernier album de « PERSONA NON GRATA »,  à l'épatant « PIERROT LUNAIRE », mais aussi ses titres plus  anciens et que je connaissais mieux comme  « MADELEINE BAS DE LAINE » "L’Envie et le Dédain sans oublier son mythique « A LA FAVEUR DE L’AUTOMNE », tant de titres qui illustrent à merveille le talent de mélodiste et de conteur de Tété ( on pense parfois sur certains titres à la poésie d'un certain Dick Annegarn).

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Un récital court et intense qui aura comblé d'aise un public particulièrement attentif à la prose de l'envoutant Tété et qui semblait entrer dans une forme de communion avec l'artiste franco-sénégalais.

Comme Vianney avant lui, Tété aura opté pour le choix du minimaliste et de la sobriété ( son bassiste qui l'accompagne et un décor simple composait de deux  portes en bois posé de part et d'autre de la scène)  mais ce parti prix intimiste a largement contribué à l'émotion et la réussite de cette soirée qui aura comblé d'aise d'un bout à l'autre de la soirée les 4000 spectateurs.

 

 

 

 © QUENTIN LAFONT/ NUITS DE FOURVIERE ( pour l'ensemble des visuels)