Cette année encore le Comœdia avait  décidé de prolonger l'opération première vague et de   faire  découvrir à ses fidèles  en avant-première une sélection de films cannois présentés dans les différentes sections du festival...

 Des films que Michel a vu et a choisi de nous pondre une petite critique par sms avant qu'on les détaille plus longuement lors de leur sortie à la rentrée ( sauf pour Visages villages sorti le mois dernier )  :

 1. Visages Villages:

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Quel  formidable pied de nez à la vieillesse que voilà :  Varda musarde et baguenaude accompagné du facétieux JR. Ils unissent leurs talents, elle filme un beau pays, il photographie de belles personnes. Nous ne sommes pas loin de la réussite totale. Dis donc Frémaux pourquoi Varda et JR n’étaient pas en sélection officielle! Palme d’or assurée.  Certainement le film le plus euphorisant de l’année.
 
 2 Faute d’amour:
Scènes de vie conjugale, Moscou en hiver, un père et une mère glaçants, un enfant qui souffre et qui fuit, des parents qui répèteront inexorablement les même erreurs, l’égoïsme chevillé au corps. Fable sur la Russie d’aujourd’hui, une Russie au pragmatisme froid, à la recherche d’un bonheur qui n’existe pas. Belle mise en scène, formidable utilisation des décors, bons acteurs, un film âpre et prenant d’une infinie tristesse...Un film russe quoi!
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 3. La lune de Jupiter:
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Fable pasolinienne en diable. Théorème à Budapest, fable christique dans un camp de réfugiés, sacrifice et rédemption...Mise en scène ébouriffante à l’américaine, longs plans séquence qui ne lâchent pas les acteurs, virtuosité, Pasolini, Friedkin et Nollan imaginez le mélange étonnant! Le spectateur ne voit pas passer les deux heures de film mais il faut bien reconnaitre que la corruption institutionnelle de la société hongroise donne vraiment envie de gerber. Sombre très sombre du Kusturica sans l’Humour.
 4 Le redoutable  :
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Après The Search, film de guerre larmoyant et raté, Michel Hazanavicius  adapte le roman d'Anne Wiazemsky Un an après, .
Comme dans le livre, on y voit Godard, joué par un Louis Garrel très en forme, fidèle à l' image qu'on peut se faire de lui : extremement cérébral et torturé, colérique, exigeant, possessif et aussi profondément amoureux, malgré les différences de points de vues et d'âge entre les deux membres du couple.
Le film est une belle radioscopie de la  France de mai 68 et surtout raconte, sous un ton en apparence badin et frivole à la fois l'érosion d' une histoire d’amour et la survie d’une artiste en situation de crise idéologique. Aussi drôle qu'émouvant, un film qui mérite bien mieux que son accueil très tiède sur la croisette .

 5 L’atelier:

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Entre les murs au soleil. Une écrivaine connue, des lascars et un sauvetage. Bien filmé, bien dialogué. Cantet pose toujours sa caméra où il faut. Dommage le scénario patine et aurait mérité quelques ellipses. On reste dans le cliché et le film peine à s’éloigner d’une dramatique des dossiers de l’écran...les jeunes acteurs sont bons, bien dirigés et Foïs efficace dans un rôle pas forcément aimable.