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 En salles mercredi prochain le film GABRIEL ET LA MONTAGNE, un long métrage brésilien dont on a pas mal entendu parler lors de sa présentation à la Semaine de la Critique à Cannes 2017,  où il aura récolté deux pris différents.

Après Casa Grande qui avait déjà marqué les esprits des cinéphiles le réalisateur  Felipe Barbosa  s'est  inspiré de l'histoire d'un ami à lui, un  jeune étudiant en économie  très prometteur  venu de la bourgeoisie Gabriel Buchmann  qui a décidé un beau jour de prendre une année sabbatique,  tout quitter  de ses études pour Partir en Afrique dans plusieurs pays ( le Kenya, la Zambie, la Tanzanie et le Malawi )  dans un voyage initiatique dont il ne reviendra pas, puisqu’il a trouvé la mort sur les pentes d’un sommet en Malawie, le mont Mulanje.

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Une mort  qui constitue d'ailleurs la- saississante- scène qui ouvre le film GABRIEL ET LA MONTAGNE puisque le cinéaste a décidé de reconstituer ce voyage, et de revenir sur les traces  de son ami afin de filmer son parcours et les vraies personnes qu’il a rencontré là-bas.  

Et les acteurs du film sont en fait pour une grande majorité les hommes et les femmes qui ont réellement croisé le chemin de Gabriel, des années plus tôt.

Préférant la fiction au documentaire (avec l’argument tout à fait recevable que cela lui permettait de faire revivre Gabriel une nouvelle fois sous les traits  de Joa Pedro Zappa, un étonnant jeune acteur)  mais tenant absolument à garder une image aussi fidèle que possible aux événements,   Barbosa propose un projet hybride, à mi-chemin entre fiction et documentaire.

Assez proche dans son sujet et son personnage principal du film de Sean Penn (Into the Wild- son dernier film avant la cata The last face), Gabriel et la Montagne  présente le grand intérêt de faire réfléchir sur la notion de voyage et de différence culturelle.

Car  Gabriel avait beau être un ami du cinéaste, celui-ci ne l’épargne pas forcément en posant un regard souvent bienveillant mais en n’oubliant pas non plus d’afficher  son côté arrogant, parfois un peu colonisateur face à un peuple africain qu’il a tendance parfois à prendre de haut, souvent de manière assez inconsciente.

Le Gabriel du film (visiblement très proche du vrai Gabriel) étaient rempli d’ambivalence et de contradiction : alter mondialiste, idéalise, passionné, humain mais en même temps capable de sortir des théories économistes de droite à sa copine qui va le rejoindre dans son voyage à mi-parcours (la partie la plus intéressante du film avec un beau personnage féminin).

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Tout n’est pas parfait dans Gabriel et la montagne : le film, inégal, alterne des  scènes visuellement superbes, réflexions intéressantes et scènes plus lentes et assez anecdotiques;  le parti pris très documentariste du film et un montage trop lâche l’empêchant d’aller , pour reprendre une métaphore montagnarde,  sur des cimes que le dernier James Gray ou les films de Werner Herzog à qui on pense parfois côtoyaient….  

Mais en évitant le coté complaisant et carte postale de l’Afrique (si l'on compare justement à ce sinistre "The last face"), et en nous montrant un personnage forcément singulier et complexe,  le film parvient à balayer certaines de nos certitudes sur le rapport aux autres et sur certaines de nos valeurs morales  et nous interroge de savoir si on peut parvenir à, malgré toutes les bonnes intentions du monde,  ne  pas finir de  se comporter comme un simple touriste dès qu’on est loin de chez nous.

 

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