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 Personne n'a oublié l'interprète de L'Aigle noir , Dis quand reviendras tu ? ou de Nantes. Le timbre de la voix si particulière de Barbara, la profondeur de sa poésie et la musicalité de ses compositions disent les blessures enfouies, les combats menés et les petites choses toutes simples de l'existence dans lesquelles chacun se retrouve.

Dans moins de deux mois, en novembre 2017, cela fera vingt ans que Barbara n'est plus … mais la dame en noir est loin  d'avoir totalement disparu du paysage, à en croire le nombre d’hommages qui ont proliféré depuis quelques mois  Impossible de les énumérer tous et toutes mais gardons en trois, un disque, un livre et bien évidemment  un film qui fait beaucoup  parler de lui et qui divise pas mal :

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L'album en hommage à Barbara est sorti le vendredi 9 juin 2017, jour anniversaire de naissance de l'artiste ( elle aurait eu 87 ans) . Un  album hommage, intitulé “Elles & Barbara”. composé des reprises des plus grands succès de l’artiste par uniquement des artistes féminines, plutôt triées femmes. Zazie, Nolwenn Leroy, Louane, Olivia Ruiz, Elodie Frégé, Angélique Kidjo, Jeanne Cherhal, Virginie Ledoyen, Daphné, Julie Fuchs, Mélanie Gardot, Juliette Armanet et Dani. Toutes sont des “femmes qui chantent” le répertoire de celle qui se définissait  simplement comme “la femme qui chante”.

Ce qui est toujours pas mal  dans ce genre d'album hommage qui fleurit quasiment tous les moins  c'est que cela peut faire connaître des chansons de Barbara aux plus jeunes et peut-être leur
faire envie de découvrir la dame brune, même si tous ceux qui touchent aux chansons de cette artiste qui fait partie du patrimoine s'en sortent souvent malmenés, comme Patrick Bruel en a récemment fait les frais.

Mais dans l'ensemble les "revisites" des demoiselles choisies dans cet album hommage marchent bien, car souvent font ressortir la sensibilité et la finesse de la grande dame en noir ...

"Elles ont toutes chanté du Barbara" explique la réalisatrice  Edith Fambuena dans la bande annonce du projet. "Il fallait qu'elles coupent ce truc pour arriver à l'incarner". Résultat : des interprétations bouleversantes d'artistes "qui ne font pas de la performance, mais sont dans l'humilité".

Souvent, les artistes parviennent à s'éloigner de l'oeuvre originale pour se les réaproprier  que ce soit  Angélique Kidjo, avec sa belle revisite  Le Soleil noir ; la soprano Julie Fuchs, vibrante d'émotion sur Göttingen  ou Zazie, avec une belle version toute en tension et en énergie  de  La Solitude ..et notre préféré, la sublime interprétation d'Elodie Frégé sur un méconnu : "parce que je t'aime", vraiment très beau..

Quelques petits accrocs ici et là ( qu'on ne relevera pas, on est bienveillant,) mais dans l'ensemble un album hommage qui rend bien grâce à Madame Barbara.

 

 

FIC134171HAB0Un bel hommage aussi que ce 2. beau livre"Chez Barbara, la dame brune"  d' Alain Vircondelet ( biographe de Marguerite Duras, B, Antoine de Saint-Exupéry ou , Arthur Rimbaud.) paru aux éditions du Rocher en cette rentrée de septembre .

Dans la même collection ont été publiés quatre ouvrages, consacrés à Jean Ferrat, Georges Brassens, Coluche et Dalida.

Ce qui domine toujours, c'est l'idée qu'elle "chante vrai", qu'elle ne "joue" pas. Son désespoir et son désir de vivre et d'aimer rejoignent ceux de son public, les mêmes aveux en demi-teintes, la même inconsolable nostalgie, indéfinissable
pourtant, où se mêlent les souvenirs de l'enfance, la peur de la mort et sa fascination, et aussi le même émerveillement devant la nature entière que chaque saison renouvelle. »
Dans cette biographie, par touches sensibles, Alain Vircondelet évoque les histoires d'amour que cette artiste rebelle et solitaire a tissées avec son métier, son public, sa famille, ses hommes et son engagement, sa générosité auprès des blessés de la vie ou des malades du sida.
Un portrait au plus vrai de la « longue dame brune ».
Grace aux belles illustrations de Philippe Lorin  le livre fait revivre, avec des portraits très réalistes accompagnés d'aquarelles fines et nuancées, cette grande très grande même figure de la chanson française .

 

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On finit par le film 3. Barbara de Mathieu Almaric, présenté à Cannes à un certain regard, c'est peu de dire qu' il a nettement divisé à la rédaction de Baz'art ( comme il a divisé une presse très élogieuse et un grand public bien plus circonspect)  : Mathieu Amalric  a fait un film malin  sur le papier : l’histoire d’un metteur en scène qui veut… faire un biopic sur Barbara. Dans le rôle du cinéaste, lui-même, et dans celui de l'actrice chargée d'incarner la chanteuse : Jeanne Balibar (qui d'autre ?). Avec, pièce maîtresse, l’introduction d’archives où l’on voit la vraie Barbara. Mise en abyme de la mise en abyme mais avec un pour et un contre très tranché, cela faisait longtemps non? .

Pour : Michel : J'ai  trouvé que Barbara était  un bel objet certes un peu déconcertant mais qui laisse un bon souvenir .

L'ensemble est quand même  plutôt intelligent et pas, comme  je pouvais le craindre, Amalric oblige, hyper Germanopratin intellodegôôche........Balibar est excellente ,pourtant elle m’énerve un peu aussi dans le genre "je suis très intelligente mais je l’ai pas fait exprès"....bref un film qui avait tout pour m’énerver que j’ai finalement aimé...c’est vrai que le touchant Pierre Michon joue Jacques Tournier, biographe officiel de la Barbara.

Contre : Filou: Mon dieu, quel ennui !  Voilà un film  extremement prétentieux,  sans aucun scénario, et  qui  se borne à  n'être qu'une suite de scènes  totalement anecdotiques, des sortes de séquences tirées  de la vie quotidienne d'une actrice qui joue Barbara avec de vrais images de la chanteuse mêlées sans que jamais on ne vienne nous préciser le vrai du faux . Hélas trois fois hélas rien ne fonctionne  dans ce projet artistiquement  très prétentieux : : l'absence de liens de la narration, la juxtaposition  de scènes prises de façon visiblement aléatoires, ainsi qu' un montage approximatif  rendent l'exercice de style totalement vain et décousu,  surtout pour ceux qui connaissent très mal la vie et l'oeuvre de Barbara... 

Surnagent sans doute  quelques belles scènes  qui font ouvrir l'oeil parfois ( "Nantes " chanté dans un relais routier), mais tout cela n'émeut jamais et ennuie très souvent.. Décidement,  après Neruda en début d'année, je me demande si la vision des "antibiopics"  ne sont finalement pas pires que les biopics classiques.. 

Et pour finir les hommages, sachez que la Philharmonie de Paris eva très prochainement  consacre sa grande expo à Barbara et c’est Clémentine Deroudille, qui avait été aux commandes de la formidable expo Brassens, qui est chargée du commissariat. avec plein de surprises à la clé..