103455_couverture_Hres_0

 

" Je suis Gustavo Sanchez Sanchez, ai-je dit.  Je suis le seul, l'unique Grandroute. Et je suis mes dents. Elles peuvent vous paraitre jaunies, et certes, pas de première fraicheur, mais je peux vous l'assurer: ces dents ont jadis appartenu à Marilyn Monroe, qu'il est inutile de présenter. Si vous les voulez, il faudra que vous me preniez avec. Je n'ai pas fourni plus d'amples explication. Qui ouvre les enchères, ai je demandé sur un ton calme , tranquille, croisant les yeux de Siddahrata, fixés sur moi."

Gustavo Sanchez Sanchez, dit « Grandroute », autoproclamé meilleur commissaire-priseur du monde.raconte aux pauvres lecteurs que nous sommes comment il est venu à exercer ce métier  et comment il a abouti à un morceau de bravoure totale à savoir la vente aux enchères de ses  propres dents, qu'i lfait passer pour des dents d'illustres grands hommes.Il se fait retirer r toutes ses dents pour les mettre aux enchères en faisant croire qu’elles appartiennent à différentes figures historiques, de Platon  à Virginia Woolf.

Farce complètement farfelue et rocambolesque autour d'un personnage qu'il est tout autant,   ce texte  écrit par une jeune romancière mexicaine vivant à New York n'est jamais linéaire et facile à appréhender.

Un style et un projet aussi atypique que cynique et drôle, qui pourra dérouter un lecteur peu habitué à ce genre de littérature.

A l'origine, comme Valéria Luiselli l'explique dans une post face, cette histoire  une commande pour une exposition et a fini par devenir une réflexion  le sens et la valeur des objets, et plus profondément l’attachement sentimental aux objets quotidiens.

De même on apprend que le livre a largement évolué entre la première parution ( édition en espagnol) et les suivantes ( édition en anglais), la romancière ayant utilisé des éléments qu'on lui a donné au gré de rencontres et ateliers pour faire évaluer certains de ses personnages et même construire des arbres généalogiques  dans le roman, qui n'existaient pas à l'origine.

Cette reflexion, qu'on peut voir comme une critique de l'art contemporain, rend, une fois qu'on a pris connaissance de  ses éléments, la fantaisie de départ  plus profonde et moins gratuite que prévu et font de cette histoire de mes dents un objet aussi déroutant que prenant et certainement l'un des OLNI (objets littéraires non identifiés) les plus marquants de cette rentrée littéraire 2017 .