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Si nous n'étions  malheureusement pas présents vendredi soir à la Cité Internationale pour la remise du prix Lumière 2017 à Wong Kar-wai, nous n'avons pas voulu manquer une ultime occasion de saluer  son exceptionnelle présence sur Lyon, et également de dire au revoir à la neuvième édition d'un Festival Lumière qui n'aura fait que confirmer les succès des précédentes éditions avec un cérémonie de cloture qui s'est déroulée hier soir,  une cérémonie aussi élégante et racée que ne l'était  le récipendiaire de ce nouveau Prix Lumière 2017.

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  Un Festival qui aura, comme l'a annoncé non sans une certaine fierté un Thierry Frémaux toujours  plein de fougue, pour ne pas dire monté sur ressort, connu des chiffres de fréquentation exponentiels avec notamment comme il l'a clamé haut et haut,  un taux de remplissage assez incroyable  de 92%, dans toutes les salles de Lyon Métropole, et un marché du Film Classique qui ne cesse de s'affirmer avec 350 professionnels invités et plus de 100 intervenants.

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Cette année, ce ne sont pas moins de 700 bénévoles qui auront participé à l'organisation du Festival, soient 200 de plus que les autres années, et lorsque tous ont été appelés par Frémaux et Tavernier à venir sur scène, l'inquiétude était de mise : où trouver uen effet ne chaise pour que les maitres de cérémonie puissent regarder le film réalisé par Wong Kar Wai samedi après midi, à savoir sa si attendue version du tournage des Usines Lumières.

Wong Kar-wai s’était en effet  prêté au tournage de la sortie des usines, 122 ans après le premier film des frères Lumières pour réaliser un court métrage de 50 secondes parfaitement à son image, esthétique et portant bien sa griffe.

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  Un Wong Kar Wai qui fut au moment de dire quelques mots au micro tendu par Frémaux assez imperturtable derrière ses fameuses lunettes noires  pour cette cérémonie de clôture, mais qui s'est  dit grandement " impressionné par la clameur d'un public lyonnais qui l'aura rendu très ému ". 

Un calme légendaire qui constraste fort bien avec la folie douce de son chef opérateur, un Christopher Doyle visiblement grisé par l'ambiance, dont le côté incontrôlable dès qu'il avait le micro en main faisait rire le public avide de dérapages plus ou moins contrôlés.

 Une cérémonie qui comme prévu, s'est achevé par la projection  en avant-première mondiale  de la copie restaurée- une restauration rendue possible grâce à Jet Tone films, the Criterion Collection et la Cinémathèque de Bologne  du mythique In the mood for love (2000), César 2001 du meilleur film étranger et primé au festival de Cannes, notamment pour son acteur masculin.

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Sa projection sur l'écran géant de la Halle Tony Garnier aura permis de vérifier dix sept ans après avoir vu le film à  sa sortie salles son  raffinement esthétique hors pair, et la virtuosité d'un cinéaste qui réussit à nous montrer  une succession de tableaux et de couleurs somptueux. magnifiée par le mythique et sublime thème de Shigeru Umebayashi.

 "In the Mood for love" aura plongé l'ensemble du public présent à Tony Garnier dans une mélancolie poétique stylisée à l’extrême, dans laquelle aucun détail n’est laissé au hasard de la caméra du virtuose WKW.

 Le formidable jeu de chat et souris entre les sublimes Maggie Cheung et de Tony Leung Chiu Wai, nous rend béat d'admiration et nous séduit, à défaut de totalement nous bouleverser, la faute sans doute à une retenue émotionnelle, inhérente à ces non dits et ces silences qui peuplent le cinéma d'un Wong Kar Wai, justement récompensé lors de cette édition 2017 du Festival Lumière...

Et Maintenant, le grand jeu des cinéphiles lyonnais est de chercher à savoir qui sera le 10ème et forcément prestigieux "Prix Lumière 2018"...

Si la réponse est donné en juin prochain comme chaque année, cela nous laisse quelques mois pour faire fonctionner nos neurones..