Dans la foulée de notre article de ce matin on continue à passer en revue les DVD sortis en ce mois d'octobre pour une petite sélection évidemment non exhaustive de films d'auteurs dont on a peu parlé à leur sortie en salles :

  1. Comment j’ai rencontré mon père- M6 Vidéo ( sortie le 11 octobre)

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Ce premier film de Maxime Motte  est assez ambitieux puisqu’il se propose sur le ton de la comédie  familiale de confronter la thématique o combien d’actualité  des migrants à ceux du sujet de l’adaptation à travers l’histoire d’un enfant adopté persuadé de retrouver son père biologique lors de sa rencontre avec un migrant.

Plusieurs questionnement intéressants sont abordés comme  la transmission,  le déracinement, la paternité, et le film déborde de bonnes intentions,  et d’une humanité tout à fait louables.

Hélas, "Comment j’ai rencontré mon père", sorti en catimini sur les grands écrans en juin dernier,  est la preuve, une nouvelle fois,  que les bons sentiments accouchent  très rarement d'une grande oeuvre de cinéma.

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L’aspect social du film est très vite mis de côté pour des péripéties peu crédibles et peu intéressantes, et la mise en scène si impersonnelle qu’on est plus du côté du téléfilm  que de l’œuvre cinématographique. De l’interprétation inégale, on relèvera plus la prestation d’Albert Delpy, fantasque et fantastique que celle des parents, de François-Xavier Demaison un peu en roue libre et Isabelle Carré dans un rôle qu’on lui a vu jouer des dizaines de fois.

Un feel good movie qu’on pourra voir en famille pour aborder des sujets d’actualité, mais hélas pas une grande œuvre mémorable sur le sujet.

 

 

SUPPLEMENTS2 scènes coupées / "Comment j'ai rencontré mon père", le court-métrage qui a inspiré le film (2009) /

Apprendre à faire un (bon) bobard : scéance de coaching entre le réalisateur et le jeune Owen Kanga.

 

2. RARA ( Outplay; 17 octobre)

 

  

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Grand Prix du Jury au Festival Berlin Génération en 2016, Rara est un beau film chilien basée sur un fait divers qui s'est déroulé dans ce pays.

 Premier long métrage de la cinéaste Pepa San Martín, RARA nous montre combien l'homoparentalité est difficilement acceptée au Chili.


À travers le regard  d'une jeune fille de 12 ans qui rentre dans l'adolescence et qui se pose pas mal de questions sur l'identité et les préjugés, Rara est une belle œuvre à hauteur d'enfant qui n'est jamais militant mais toujours juste et émouvante.


 Un couple, une famille recomposée à hauteur d’enfant. Sara, 12 ans et sa petite sœur Catalina vivent avec leur mère et sa compagne. Une famille idéale dans le Chili d’aujourd’hui ? Impossible, une famille idéale ne peut pas avoir deux mamans et cela Sara le ressent depuis peu.

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Contre toute attente, Sara va décider de fêter son anniversaire chez son papa, en couple « normal » lui, et sans s’en rendre compte, c’est le poison de l’homophobie ordinaire et quotidienne qu'elle va laisser infuser.

  Nous sommes dans un milieu ouvert, les parents se parlent et parlent aux enfants, mais lorsque le papa demandera la garde des deux filles, c’est au tribunal que l’affaire se règlera.

Rara capte l'attention du spectateur par la douceur de la réalisation et la banalisation d’une homophobie qui est suggérée, presque normale et accepté par l’adolescente qui cherche surtout à se protéger....

Une caméra tendre et pudique filme une histoire simple et joyeuse qui aurait dû être banale et qui, par le regard des autres,  se déforme pour devenir amer et triste.

Un joli film sur une  famille d’aujourd’hui.

 

Un long métrage familial et militant sans en avoir l’air. À voir notamment pour toutes ces raisons....


 

BONUS :

  • Entretien avec la      réalisatrice
  • Court-métrage : LA      DUCHA
  • Bande-annonce

 

3.Cinema mon amour  sortie DVD 17 octobre OUTPLAY

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 « En 1989, il y avait plus de 400 cinéma en Roumanie. Aujourd’hui, il en reste moins de 30. »

Il pleut, il neige, il fait froid dans le cinéma qu’il dirige, pourtant Victor Pulice y croit. Il est maçon, peintre, plombier chauffagiste, projectionniste, programmateur et débrouillard, la conversion de la salle au numérique consiste à commander un vidéo projecteur sur Amazon, mais Victor est surtout amoureux fou du cinéma et de son cinéma le Dacia.

C’est le dernier cinéma de Piatra Neamt ville importante du nord-est de la Roumanie et un des derniers cinémas du pays. Avec ses deux assistantes enthousiastes et maternelles qui distribuent couvertures et thés brulants aux spectateurs frigorifiés, il fait vivre un espace de liberté, d’histoire et de culture. Victor est un battant, il résiste avec passion et par sa générosité, sa franchise et son amour pour le cinéma il touche au cœur les spectateurs.

 Sans Victor,  son cinéma ne survivrait pas. Le cinéma est devenu sa nouvelle maison, et ses deux employées sa nouvelle famille. Belc a tellement été touché par Victor qu’il décide de concentrer le film sur son histoire, plutôt que sur celle des cinémas qu’il a visités. En racontant l’histoire de Victor, il parle de tous les cinémas de Roumanie.

Dans " Cinéma, mon amour", on y voit comment, en Roumanie,  les cinémas appartiennent à l’État :   Les cinémas sont toujours propriété de l’État, il n’y a pas de cinémas privés. Certes,  le public continue envers et contre tout d’aller au cinéma mais  selon le cinéaste " il a besoin de bonnes conditions de projections, de confiserie et de sièges confortables. » sinon  les spectateurs risquent de perdre le chemin des salles ...

Heureusement qu'il  reste donc des doux dingues passionnés comme Victor.....

Alexandre Belc, assistant réalisateur de Christian Mungiu, nous livre le beau portrait d’un homme formidable et un état des lieus sans fard de la Roumanie d’aujourd’hui. 

 

D'une tonalité plutôt sombre, le film - désolé pour le spoil- se termine par un entretien avec la ministre de la culture qui espère pouvoir donner plus d’argent à l’industrie cinématographique grâce au retentissement des films Roumains à l’étranger. ceux de Christian Mingiu notamment ..

  Aujourd’hui, l’État essaie visiblement de changer les lois et le monde politique réfléchit à ces problèmes. Une lueur d'espoir en final d'un film plutôt sombre,  qui fait forcément du bien.

Un moment de vie nostalgique et mélancolique et pourtant plein d’espoir, à l'image de la très belle affiche du film signée par le génial et célèbre illustrateur italien Federico Babina.

 

 

 Bonus :

En plus d’une bande-annonce, un entretien avec Victor Purice (20’).