Maintenant qu'une grande partie des grands films  présentés à Cannes  sortent en salles- cette semaine encore "Le musée des merveilles" de Todd Haynes- on peut commencer à faire un petit bilan sur la qualité d'ensemble un festival qui aura déçu dans les grandes largeurs toutes compétitions confondues.

Hormis, « 120 battements par minute » (Grand Prix du Jury) et « Faute d’amour » (Prix du jury) qui, tous deux, auraient pu prétendre à plus haute distinction, le reste du palmarès pose pas mal de questions et on en vient à se demander comment le Jury décerne ses prix et ce qui a bien pu se dire lors des délibérations.

Après être revenu sur la déception causée par la Palme D'or ce matin même, retour rapide sur  deux films passés sur nos écrans ces dernières séances et qui ne remplissent pas à nos yeux les attentes qu'on avait placées en elles, et notamment au niveau du scénario, vu qu'ils ont quand même rafllé ex aequo un prix du scénario qui parait assez  peu compréhensible.

Rien au niveau de la conduite du récit et de l'épaisseur narrative rendent le scénario admirable et encore moins pour le second que le premier d'entre eux :

 

1. Mise à mort d'un cerf sacré

 

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Après  l'OVNI The Lobster et le non moins étrange et dérangeant Canine, Yórgos Lánthimos est revenu avec un film pPrix du scénario à Cannes ex aequo ( avec Beautiful Day voir ci dessous)  qui ne répond pas aux attentes de départ. 
quel dommage il y a des acteurs sacrément  épatants, même les ados face aux deux monstres sacrés...
Colin Farrell (parfait) retrouve le metteur en scène et sa partenaire du récent Les proies (aussi à Cannes). Nicole Kidman, l’élément perturbateur est sacrément  formidable et inquiétant à souhait...une sacrée mise en scène... une sacrée photographie...le sacré Kubrick n’est pas très loin...une sacrée mise en place et un suspens doucement et sacrément bien amené...et puis patatras  sacré gadin....
Lanthimos se prend sacrément les pied dans le tapis et ne sait plus comment terminer son film.... cela devient sacrément ridicule et même sacrément douteux et sacrément primaire dans le genre œil pour œil...
Pourtant, le film comprend  une moitié de film sacrément bonne.....on se creuse ( sacrément) la cervelle pour trouver un sens philosophique, mythologique ou même géopolitique mais je suis resté sacrément à cours d’argument ...peut-être demander aux sacrés jurés de cannes qui lui ont remis le prix du scénario.....  on quitte la projection du film de Lanthimos..avec pas mal de frustration et de regrets, dommage .
2. A beautiful day

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Une frustration que l'on ressent encore plus  intensement à la vision de A beautiful day , le nouveau  long métrage de  Lynne Ramsay,  sort en salles le 8 novembre prochain. Ce film a la particularité d'avoir doublement primé lors du dernier festival de Cannes avec le meilleur scénario et Joaquin Phoenix, prix d'interprétation ultra mérité pour sa performance de vétéran du Vietnam, traumatisé, mutique et ultra-violent,.

Bouffi, barbu, et complètement halluciné, l’acteur ,que l’on avait déjà connu excellent chez James Gray et Spike Jonze notamment,  offre une composition  étonnante mais qui ne méritait pas la récompense supreme, vu que d'autres acteurs étaient plus brillants cette année ( Robert Pattinson dans Good times notamment)  et qu'on l'a vu bien plus complexe ailleurs, notamment chez James Gray.     

Lynne Ramsay , certainement l'une des réalisatrices britanniques les plus audacieuses du cinéma indépendant actuel, révélée par Ratcatcher, avant de confirmer les espoirs placés en elle avec We Need to Talk About Kevin, nous propose une experience sensorielle  et une mise en scène immersive mais qui lasse très vite par son coté tape à l'oeil, et qui fait plus que friser la complaisance avec des flash backs bouffis et glauques à souhait

Mais le plus étonnant en voyant le film est son  Prix du scénario, car c'est sans aucun doute possible le film de la compétition cannoise sorti jusqu’ici où le scénario est le moins écrit et le moins présent, une vague histoire de revenge movie sous fond de pédophilie et d'hommes politiques véreux qui fait plus penser aux "Salauds " de Claire Denis de triste mémoire que du Taxi Driver à laquel on l'a comparé.

Très vite, en remettant les pièces du puzzle, on comprend qu'il n'y a rien d'interessant  à raconter et le film qui ne dure pourtant qu'une heure 25 semble  vraiment interminable... 

Plus qu'une déception, une vraie purge que pourtant beaucoup de cinéphiles auront adoré..