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 "Un éditorial m’informe que le Qatar est un pays à la pointe des droits de l’homme. Une performance tout à fait remarquable dans un système sans partis politiques, ni élections, où l’Etat se confond avec la famille Al Thani. »

 Globe-trotter insatiable, l'auteur Julien Blanc Gras, auteur notamment du fameux "Touriste" que j'avais énormément aimé  il y a quelques années, par son regard plein d'humour et de décalage  que l'auteur posait sur ses différents voyages,  s'était sédentarisé  pendant 9 mois pour observer un ventre, celui de sa compagne, qui  s'arrondissait de jour en jour.

Il n'a pas attendu d'être un vieux papa pour repartir dans ses contrées lointaines. et  ses nouvelles pérégrinations l'ont amené du coté  de la péninsule  du Moyen-Orient  en passant par le  Qatar à Dubaï jusqu’à Oman.

 "Le soir à la télévision, le match est plus excitant. Le PSG et le Barça s'affrontent en Ligue des Champions. Le premier club est propriété du Quatar, les maillots du second sont siglés Quatar Airways. Les dieux du football roulent pour Doha."

 

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L'auteur nous livre comme à son habitude  une analyse fine de ces destinations et prend bien soin de traiter un certain nombre  des différentes thématiques abordées par son voyage, de la condition de la femme aux pouvoir des médias et des partis politiques.

 Des pays et des lieux prises dans une ambivalence permanente entre modernité économique et industrielle et maintien de certaines traditions ancestrales, notamment sociétales.

Un périple plein de surprises et d'observations subtiles qui montre que le regard de Blanc Gras, même repu aux joies de la paternité n'a rien perdu de sa malice et de sa pertinence 

"Une fois engagés dans le désert, le vrai, ce sont des dizaines, puis des centaines, puis des milliers de 4×4 que nous croisons sur une piste d’un kilomètre de large entrecoupée de hautes dunes. Procession de Toyota, buggies, quads qui s’élancent dans les sables. Impossible de ne pas penser à Mad Max. Il n’y a plus de route, il n’y a donc plus de code de la route. On ne roule ni à droite, ni à gauche, on se faufile entre les autres véhicules et les collisions ne sont pas rares. Des morceaux de phares et pare-choc jonchent le parcours. Des hélicos survolent la parade mécanique, des drones aussi. Le désert est un endroit très fréquenté."

Un récit passionnant qui prend bien soin d'éviter clichés et faux semblants et , nous donne envie d’en savoir plus sur ces pays méconnus. Un pari remporté haut la main.

« C’est l’histoire du prolétaire qui a gagné à la loterie des hydrocarbures. En une génération, on est passé de la piste à l’autoroute, de la tente aux gratte-ciel et du chameau à la Ferrari. Ce ne sont pas des métaphores à 2 pétrodollars : c’est exactement ce qui s’est passé. » 

 Julien Blanc-Gras, Dans le désert, Au Diable Vauvert,
192 pages, 15€, en librairie le 14 septembre.12