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 "Je suis mort.  C'est pas le pire qui pouvait m'arriver."

En furetant lors de mon dernier séjour parisien du coté du cimetière le plus célèbre de Paris à savoir le Père Lachaise,  je me suis aperçu que la seule tombe qui n'avait pas encore son résidant était celle de Jean-Louis Fournier  (voir photo à gauche). 

L'ancien complice de plume de Desproges a en effet déjà fait inscrire  son nom sur la tombe de sa femme décédé en 2000 (dont il parle dans le très joli Veuf publié il y a quelques années), ce qui signifie qu'il a déjà plus que pensé au moment où il passera de vie à trépas.

Quelques jours après cette virée, j'ai appris que cette obsession était vraiment prégnante chez Fournier puisqu'il venait tout juste de sortir chez Stock son nouveau récit  "Mon autopsie", dans laquelle il fait la confession post mortem et s'imagine en train d'être disséqué par une   étudiante en médecine  ( jeune et jolie, pourquoi se priver maintenant qu'on est mort)

Et cette autopsie sera donc l'occasion d'analyser ce que Fournier dévoile  au  plus profond de coeur et le cerveau.  

De Jean Louis Fournier, j'avais, comme beaucoup de monde, je pense, dévoré  "où on va papa?"    gagnant du Prix Fémina 2008. qui retracçit une terrible et tragique épreuve de sa vie ( le handicap de ses deux fils), sur un ton à la fois  très optimiste et plein d'humour, un humour qui est pour lui un reflexe un peu comme cette fameuse "politesse du désespoir" chez cette brillante plume de Pierre Desproges.

 

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 Dans ces mémoires post mortem mais écrites avant sa mort ( vous suivez? ) , on aime toujours autant son talent immense pour  dire les choses les plus graves et les plus  personnelles avec beaucoup d'humour, d'ironie, avec un ton qui pourrait paraitre parfois féroce, mais qui en fait cache énormément de tendresse et de pudeur.

  Cette confession repose sur ce singulier contexte de salle d’autopsie et la présence d’Egoïne que l’auteur observe au fil des jours.

Le sujet lui donne l'occasion de faire un inventaire de sa vie,  ses étapes et souvenirs les plus fondateurs : ses études à l’IDHEC, sa carrièreà la télévision, ses dessins animés ,  son amitié avec Desproges, ses conquêtes féminines, ses enfants et sa femme, et ses succès littéraires.


L’écriture est vive, toujours  dans l'auto-derision et permet de tisser un récit aussi  truculent que touchant.

Certes, cet  auto-portrait  ne met pas toujours l'auteur à son avantage mais la sincèrité qui en échappe permettra à ses lecteurs de mieux le connaître et une façon originale et ludique de déjouer la peur de la grande faucheuse.