Pas mal de chroniques DVD en retard ces dernières  : voilà un  bref récapitulatif dans un mois de novembre très chargé de 5 sorties qui nous ont tapé dans l'oeil: 

 1.Adieu Mandalay ; Midi Z( Arte Editions - 13/09/2017)

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Quatrième long-métrage d’un jeune Birman, Midi Z, émigré à Taïwan,  Adieu Mandalay , sorti en DVD chez Arte Vidéo le 13 septembre dernier, est son premier long métrage qui pu bénéficier d’une distribution en France, après avoir été acclamé dans tous les festivals où il a été présenté.

 Un long métrage qui  présente la singularité de mettre le focus sur une immigration qu'on connait mal du coté ci de l'Occident, celui de deux jeunes Birmans qui ont choisi d'immigrer en Thaïlande.

  Un  sujet que le metteur en scène, qui a eu l'occasion de cotoyer pas mal de ces " déracinés" en quête d'intégration dans un autre pays que le sien ,connait bien et son film possède avant tout cette sincerité et ce souci du détail et de la véracité des faits. 
 
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On y voit la clandestinité que doivent subir quotidiennement  ces deux jeunes immigrés  à Bangkok , les épreuves qu'ils doivent subir et traverser pour gagner de l’argent et l’envoyer à leur famille.
 
La caméra de Midi Z suit   de manière naturaliste,  à la lisière du  documentaire , le parcours quasi christique de   ces êtres  dont la survie est constante.
 
Le film manque certainement un peu de  densité romanesque à mon goût , et la fin arrive de manière un peu  trop radicale, mais  saluons cet essai d'un cinéma birman, peu familier sous nos contrées,  de nous offrir un voyage certes éprouvant mais nécessaire .

 Voir le site de l'éditeur Arte Vidéo  ainsi que sur  sa page facebook

les films de 2018 sont par ici sur Cinetrafic
- passage en revue des films d'action sortis cette année

 

Bonus

Interview de Midi Z lors du festival Venise 2016

 

2. Ava;  Léa Mysius ( Arte éditions, sortie le 8/11/2017)

 

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Ava, présenté lors du dernier festival de Cannes à la Semaine de la critique,   est lep remier long-métrage de  Léa Mysius, jeune cinéaste issue de la FEMIS et qui a notamment consigné le scénario des Fantômes d'Ismaël d'Arnaud Desplechin, "Ava" offre une jolie bouffée de fraicheur à un jeune cinéma français qui en manque parfois un peu.

On pense en le voyant à un autre premier long métrage français récent et  déroutant  à savoir le "Grave », de Julia Ducournau,  pour son thème identique, les premiers émois sexuels et sentimentaux d'une jeune fille, même si le traitement et le genre choisi sont  évidemment totalement différents.

Ava, c'est cette jeune fille de 13 ans, qui «s'entraîne» à devenir aveugle car, du haut de ses 13 ans, elle vient d'apprendre qu'elle allait perdre la vue.

Le film commence par un saississant long plan séquence du début du film qui suit un chien noir vagabondant sur la plage et dont le chemin s'arretera devant l'héroïne du film allongée face au soleil, mais c'est tout le le long du film que le long métrage de Léa Mysius marque l'esprit et la rétine du spectateur.

Un film marquant, notamment la beauté de sa photographie, par les belles idées dont regorge son récit, et aussi et surtout, par l'intensité du jeu de sa comédienne principale.

En effet, la jeune actrice Noée Abita- qui a de faux airs d' 'Adèle Exarchopoulos dans un rôle très sexualisé et assez proche de celle que l'héroine de "la vie d' Adèle" peut tenir-  est une vraie révélation tant elle impressionne et qu'elle fait preuve d'un engagement physique incontestable.

 

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 Laure Calamy, qu'on voit beaucoup et de plus en plus sur grand écran, depuis le carton de la série "Dix pour cent", est aussi très convaincante dans le rôle de la mère.

Malgré quelques maladresses d'écriture et de jeu et un coté parfois brouillon, Ava est  animé d'une belle énergie qui irrigue cette plongée fascinante dans le monde de l'adolescence..

Troublant, violent, sensuel, "Ava" a la grande force de proposer une vraie proposition artistique, qui réussit à digérer références cinématographiques- Kusturica et Gatlif notamment pour sa partie finale afin d'mposer son propre univers.

Belle ode à l'adolescence, portée par l'interprétation toute en intensité de la jeune Noée Abita, "Ava" constitue une des très bonnes surprises d'un jeune cinéma français explosif et prometteur que l'on vous conseille évidemment d'aller vérifier sur pièces.

 

 3. Miracle Mile ; Steve De Jarnatt ( Blaq Out; 13 novembre )

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Inédit en France depuis sa sortie  plutôt confidentielle au cinéma en 1990, MIRACLE MILE ,"Appel d'urgence"  est une comédie hallucinée dans la veine d After hours qui fait très années 80 mais qu'on est heureux de découvrir grâce  à la collection Blaq Markuet, pour amateurs de nouveaux horizons, d’étrangetés ou de sensations fortes.

 On y retrouve . Anthony Edwards  qui tenait à l'époque un des rôles phares de la série URGENCES) dans un  film qui mélange les genres de façon assez étonnante entre thriller frénétique, humour noir et romance sur fond d’apocalypse, un coktail étonnant et  détonnant qui justifie amplement le statut de film culte acquis au fur et à mesure des années.

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Certes on reconnait que le film a tout de même  pris un bon petit coup de vieux notamment  au niveau des décors, des costumes mais on se laissera complètement happer par le  le charme envoutant de la fantastique musique de Tangerine Dream, et cette ambiance rétro qui rend cette découverte vraiment plaisante à suivre .   

EN SUPPLEMENT
 • Entretien inédit avec Steve DeJarnatt (12 min)
• Piste musicale isolée du score de Tangerine Dream
• Retrouvailles avec le casting du film (25 min)
• Entretien avec Anthony Edwards et Mare Winningham (12 min)
• Entretien avec Paul Haslinger de Tangerine Dream (17 min)
• Scènes coupées et prises ratées (10 min)
• Tournage de la scène du Dîner avec storyboard
• Diamond Ending (fin
alternative)

Voir le  site de l'éditeur BLAQ OUT ainsi que  sa page Facebook.

- http://www.cinetrafic.fr/film-2018
-
http://www.cinetrafic.fr/top-film-science-fiction

 4. Le cercle James Ponsoldt, ( TF1 vidéo; 16 novembre )

 

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Adapté du roman  d'anticipation Dave Eggers, le film the circle  a  connu  un échec cuisant aux USA, et ce, malgré la présence d'Emma Waston et de Tom Hanks au générique.

 Avec ce livre qui a connu un beau succès aux Etats Unis, l'auteur imaginait une  terrifiante mais très juste dystopie dans laquelle une entreprise, ressemblant à s'y méprendre  à Google, prend le contrôle de nos vies.

Une critique glacante et particulièrement pertinente des réseaux sociaux et de la façon dont ils s'immiscent dans la vie de tout un chacun.

C'est donc Emma Watson qui joue Mae Holland, cette jeune fille qui se morfond dans une vie un peu grise et un emploi sans envergure jusqu'au jour où elle est embauchée par l'entreprise où tous les jeunes rêvent de travailler:  "The Circle",  qui fait penser à une grande secte érigée dans la Silicon Valley où tout le monde connait les faits et gestes de tout un chacun, sous le fallacieux prétexte de la transparence et de l'aide au prochain, tant que la  technologie nous le permet.

 The circle, le film comme le le livre, aborde avec pertinence et perfidie la thématique des effets néfastes des réseaux sociaux et de la sur-consommation d'écrans dans notre quotidien, comment les multinationales utilisent les informations qui nous échappent, Uet comment de belles intentions au départ entraine une violation de la vie privée voire le libre choix des individus.

De nombreux ingrédients du livre  ont été retirés ou transformés,   ce qui a contribué à changer  le sens et le discours de l'oeuvre et le rendre plus confus et diffus.

Photo Emma Watson, Karen Gillan

 

Le  principal problème de sa mise en images, c'est qu'on pense forcément à d'autres oeuvres audiovisuelles sur le sujet, alors que le livre ne convoquait pas forcémént d'autres références  en voyant The Circle, on ne peut s'empecher de songer  l'excellente sérue d'anticipation Black Mirror qui sonde sur chaque épisode (avec des personnages différents de l'un à l'autre les dérives de la technologie( une série disponible actuellement sur NetFlix).

Avec ce 1984 contemporain et 2.0, le cinéaste américain édulcore le propos du livre, en  supprime le coté le plus sombre  et dérangeant du roman, et en fait un film pas ininteressant du tout mais sans doute trop adapté à un jeune public  ... 

 

BONUS :

No More Secrets: Completing The Circle : un ensemble de quatre vidéos dans les coulisses présentant la production du film.
- The Future Won't Wait: Design and Technology : une pièce intéressante touchant la direction artistique.
- A True Original: Remembering Bill Paxton : un hommage avec des commentaires de Tom Hanks sur le comédien décédé en 2017 qui joue dans the circle le père malade de l'héroïne.

Au total  toute une série d’une petite demi-heure d’entretiens avec l’équipe du film (Emma Watson, Tom Hanks, Ellar Coltrane, Karen Gillan, John Boyega, Patton Oswalt, James Ponsoldt…)

5. La colle, Alexandre Castagnetti ( Universal; 28 novembre ) 

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Une excellente surprise que ce film, très injustement éreinté par la critique.

Evidemment on pense beaucoup pendant le film à un mix entre « un jour sans fin »  et Brekafast club  deux comédies américaines cultes, mais on saluera largement l'audace de la comédie française lorsque elle  s’aventurehors de ses bases  habituelle.

Déjà auteur d'un très sympathique Tamara d’Alexandre Castagnetti  tente le coup et réussit plutot pas mal la comédie fantastique du pauvre type piégé dans une boucle temporelle et qui va chercher par tous moyens de s'en sortir.

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Ccertes parfois à la limite de la caricature,  les personnages font souvent rire et donnent leur  vrais ressort comique  pour ce vrai  bon film de divertissement familial, 

 Pas loin d'une e référence française de la comédie « scolaire », ce film impose sa fraicheur, son originalité et ses dialogues et situation bien efficaces.

Bref un film bien au dessus de la production comique habituelle et qui méritait bien mieux que cette sortie en catimini en plein été et cette volée de bois vert des critiques.