"Et puis Gauguin m’avait fait voyager à l’intérieur même de son aventure. Chaque fois, j’avais essayé de voir ses toiles, quitte à en bousculer mon travail, avec la jubilation d’un entomologiste qui répertorie un spécimen dans son carnet. Riche de plus de six cent cinquante numéros, la classification Wildenstein me ravissait. Etabli par Georges Wildenstein et publié en 1964, ce catalogue recense l’ensemble des œuvres reconnues du peintre."

Depuis le mois d'octobre  l’un des peintres français majeurs du XIXe siècle et un grand précurseur de l’art moderne. Paul  Gauguin  s'expose au Grand Palais . L'occasion pour Grasset de rééditer un excellent récit biographique sur le peintre signé Jean Luc Coatalem en 2001 et qui presque 20 ans après conserve toute sa force et son éclat.

 

Jean-Luc Coatalem  entreprend un vrai travail d'historien pour écrire son livre en se rendant  sur les lieux mêmes, partout où Gauguin a vécu, il a mené son enquête, parfois même retrouvé des descendants du peintre.

Un être complexe, torturé, qui n'a qu'un objectif :  se donner entièrement à son art.

On  suit le peintre en Bretagne où il peignit le célèbre tableau Danse des quatre bretonnes, à Arles où il travaille aux côtés de Van Gogh pendant 2 mois avant que les choses ne tournent tragiquement, à Tahiti et dans les îles marquises.

C'est là-bas, sentant peut être sa fin prochain, que les toiles de Gauguin , pas forcément les plus connues, traduisent, selon l'auteur, le plus grand dépouillement mais aussi la plus grande force et grâce.

Refusant de plus en plus la prétendue civilisation qui avait apporté bien des malheurs aux  autochtones, Gauguin va vivre de plus en plus retranché.

 

gauguin

 

"Étrange et si marquant destin, subi autant que forcé, désiré autant que haï, mille fois arrangé et recomposé, transcendé et éprouvé à la fois… Paul Gauguin. Faut-il voir dans cette diagonale systématique, cette fuite fondamentale, une leçon de vie ? Il fut courageux et lâche à la fois, déterminé et calculateur, intransigeant et arriviste, généreux dans son art plus que dans son existence. Et pourtant, jusqu’au bout, il reste cet homme qui désire sans fin, obstinément lui-même, jusqu’à l’épure, cherchant à se rapprocher du « centre mystérieux de la pensée ».

Pas d'hagiographie dans la démarche de Cotalaem  Gauguin s'y dévoile assez brutal et égoïste , mais ce parti pris fait gagner le livre en sincérité et passion!!