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Marie Curie est certainement la femme scientifique la plus connue de France, et peut être la plus connue  du monde, et c’est aussi la seule scientifique, avec Linus Pauling (1901-1994), à avoir obtenu 2 Prix Nobel : celui de Physique en 1903 et celui de Chimie en 1911.

Un biopic qui lui est consacré sort en salles le 24 janvier prochain - on aurait pu penser que le film allait sortir en  2017, année du  150ème anniversaire de sa naissance en Pologne  - afin de faire connaitre au grand public le destin incroyable de cette  femme d’exception.

 Marie Curie fut  la première à prouver que la science n’était pas le domaine exclusif des hommes, ce qui lui a valu de nombreux honneurs, parfois attribués tardivement, comme cette inclusion de longues décennies après sa disparition,  dans le Panthéon national.

Pour présenter son quatrième long métrage de fiction en tant que réalisatrice, Marie Noëlle Scher (ou Marie Noëlle tout court) cherche plutôt à ne pas assommer le spectateur avec des détails trop techniques concernant les recherches particulièrement pointilleuses de la scientifique.

La cinéaste a probablement voulu éviter de rendre trop complexe l'objet de ses recherches et n'a pas vraiment cherché à insister sur celles ci,  présentées de facon très simplistes, mais plus sur son combat de femme dans un monde peuplé d'hommes.

Le film s’attache ainsi plutôt  à nous montrer sa relation avec son époux Pierre Curie, puis,  à la mort soudaine de ce dernier, sa liaison avec  un autre chercheur, Paul Langevin, qui viendront lui apporter toute l'émulation intellectuelle fertile pour ses recherches.

marie-curieMais même soutenue par les deux hommes de sa vie,  Marie Curie va comprendre à quel point le combat d'une femme pour la reconnaissance de son travail n’était pas évident à cette période où la femme était encore moins l’égale de l’homme qu’aujourd’hui.

On voit bien  que la cinéaste a voulu éviter l’écueil du biopic trop académique et scolaire et parfois, tente des audaces formelles avec une  caméra qui virevolte (parfois un peu trop) ou des cadrages assez surprenants, qui tentent de donner du pep à une reconstitution qui manque visiblement un peu de moyens.

Ces étonnantes expérimentations déjouent un peu les codes du biopic mais rendent parfois la narration un peu trop confuse.

Au bout du compte, ce qu’on retient surtout de ce Marie Curie, c’est le portrait de cette femme aussi déterminée professionnellement  dans ce milieu dominé par le patriarcat, qu’aimante dans ses relations conjugales et maternelles.

Dans le rôle-titre la polonaise Karolina Gruszka apporte pas mal de sensibilité à son interprétation de cette grande Dame.

Bref  un biopic assez convaincant à défaut d’être pleinement abouti qui a le mérite d’exister et de faire exister cette scientifique émérite!!

  Marie Curie - Le film de Marie Noëlle, le combat d'une femme pour la reconnaissance de son travail, au cinéma le 24 janvier 2018