Il y a un peu des rondes de la kalinka russe, des farandoles bretonnes, mais aussi quelque chose de la dabké libanaise de la transe soufie dans ce spectacle qui fait le tour du monde depuis sa création en 2014... pourtant impossible de situer cette danse à Istanbul, Ajaccio ou Dakar, elle ne cesse de voyager de l'une à l'autre. Et pour cette transhumance, le navire est tout trouvé : on embarque à bord des instruments de deux batteurs qui brouille les géographies musicales pour ne garder que l'essence du rythme dans un beat trans-culturel et voyageur : du gong chinois au bâton de pluie, cloches, percussions africaines, bendir arabe...

 

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Car c'est là la question de » D'après une histoire vraie »: qu'est ce qui nous fait vibrer, qu'est qui résonne de commun en nous dans ces folklores pourtant multiples et spécifiques. Souvent décriés, moqués, il y a bien quelque chose dans ces danses qui parle aux sens, à l'âme ou aux tripes,appelez ça comme vous voudrez : une force irrépressible qui invite à entrer dans le cercle et... danser !

Par le médium des corps de ses huit danseurs, entraînés par les deux batteurs sur scène, le chorégraphe Christian Rizzo décortique, décompose, et dé-contextualise les fondamentaux des danses folkloriques pour laisser apparaître les correspondances de l'une à l'autre. Pliés, chassés, appuis et accolades ne font plus qu'une seule danse. Dans le groupe, les gestes sont les même. Pourtant, par la manière de marquer le rythme, un mouvement d'épaule ou un port de tête, à chaque inflexion des corps la même chorégraphie prend une teinte différentes.

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Nous entrons dans le rituel, qui frôle parfois une transe calme ; pas d'exploit chorégraphique pour l'instant, à part celui d'une précise synchronisation : on sent une danse du quotidien, rituelle voire routinière, exécutée avec une certaine nonchalance.

Comme tombés au milieu d'une fête de famille, on découvre ces hommes qui semblent plutôt danser pour eux-mêmes que pour nous ; une danse à la fois intériorisée et partagée par ceux qui la pratiquent, mais jamais adressée à un public.

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Derrière les solos, duos, groupes ou battle, Christian Rizzo met sur le plateau le travail du singulier et du pluriel, la place de l'individu dans le groupe. Bras dessus, bras dessous, main dans la main, épaule contre épaule, partout à travers le monde les hommes font communauté, fraternité ; le temps d'une danse, au moins. Au rythme de la danse comme à celui de la vie, les couples, les mêlées se font et se défont, les corps s'attirent et se repoussent, dialoguent ou se défient.  

Date(s) à venir

24 mars 2018 : Les Bords de Scènes, Juvisy-sur-Orge 12 avril 2018 T2G : Théâtre de Gennevilliers
6 juin 2018 :Espace Malraux - Scène régionale - Scène de Touraine, Joué les Tours