Pierre Notte est un personnage incontournable du théâtre français qui hante ce milieu depuis une trentaine d'années désormais.

Directeur d'une compagnie  de théâtre - Les Gens qui tombent — il nous livre en ce début 2018  une pièce de théâtre qui vient juste de se jouer sur Lyon et deux romans publiés en un seul chez Philippe Rey  pour nous démontrer à quel point  son nom lui est prédestiné et combien il aime la musique dans toutes ses dimensions, et notamment dans un vibrant hommage à Barbara qui lui a sauvé la vie.

 

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  1/ Théâtre ; Sur les cendres en avant   - Vu au Théâtre de la Renaissance à Oullins le 25 janvier 2018

 
Une grande sœur se prostitue pour subvenir aux besoins de la famille, une famille réduite puisque juste une lycéenne rebelle, qui s’épluche les jambes en se rêvant Debbie Reynolds, vit avec elle dans le petit appartement.  Un incendie, un mur qui s’écroule et une voisine qui devient envahissante. Une femme à la carabine, (une carabine ou un fusil, le doute subsiste).
Quatre femmes qui se parlent, non elles ne se parlent, pas elles chantent, elles chantent modestement leur quotidien avec des mots crus, des mots de tous les jours. Elles chantent leurs rêves bien sur, leur solitude aussi et les hommes ces grands absents toujours présents. Une voix off qui “didascalise”. Une pianiste de dos, présence jazzy. Que le spectacle commence.

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Deux chambres en ville, une femme assise, une femme au bord de la crise de nerf, Demy, Copi , Almodovar mais aussi Ionesco, Tchekhov ou Beckett, Pierre Notte, depuis longtemps jeune auteur de théâtre qui monte,une vingtaine de pièces, tout de même et pas mal de succès,  réussi du très neuf avec l’influence de glorieux ainés.
 
Comédie musicale modeste, formidablement actuelle, dans l’appartement chaos, des femmes se découvrent, s’écoutent, pansent leurs plaies et  se reconstruisent. Mais c’est surtout et avant tout un spectacle drôle, subversif et moderne, emporté par des actrices chanteuses drôles, profondes et lumineuses.

2/ Littérature- J'ai tué Barbara + la chanson de Madame Rosenfelt ( edition Philippe Rey) ; 18/01/2018

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 " Je veux vivre pour téléphoner à Barbara. Lui écrire un livre, lui écrire encore, lui écrire un livre, un deuxième. Me relever et écrire demander pardon à tout le monde à chacun. Me découper les doigts, les envoyer en signe de sincérité, m'arracher un oeil, me découper la chair et l'envoyer partout, à ceux que j'ai blessé, meurtris. Leur dire ma honte, mon horreur de moi, je plaide coupable, j'ai mal."
 
Pierre Notte, qui est donc comme on vient de le voir et  depuis longtemps ce ( plus si ) jeune auteur de théâtre qui monte, est aussi un écrivain qui voue un culte à la chanteuse Barbara à qui il ne doit rien de moins que sa vie.
 
Sans Barbara, Pierre Notte ne serait plus là, et  il explique comment alors qu'il voulait se suicider la voix de la dame en noir sur son répondeur aura tout basculé. Lorsque son premier roman, La chanson de Madame Rosenfelt, est publié par Maurice Nadeau en 1993, Pierre Notte envoie un exemplaire à Barbara qui en a inspiré l'héroïne.
 
Il faut dire qu'à cette époque, le jeune auteur de 24 ans mène une existence chaotique, il a perdu l'amitié de nombreux proches qui l'ont renié, son père se noie dans l'alcool, sa mère galère, il est seul et ne souhaite plus vivre : Il avale 40 pilules de Temesta, commence à s'endormir lorsqu'il entend une voix sur son répondeur : " C'est Barbara. Écoutez voilà. J'ai reçu votre livre. Je vous rappellerai. Ou vous me rappelez. "  En fait, tout simplement ce message lui sauve la vie.
 
 Dans ce roman,  suivi du fameux roman La chanson de Madame Rosenfelt, il raconte sa vie de jeune homme, ses amours, les ruptures, sa violence ... Et comme un hommage, en amour, résonne la grande et unique Barbara dont mutiples voix n'ont pas fini d'en chanter les louanges.