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Peu d'entre vous doivent se souvenir du film Les Quarantièmes rugissants, réalisé par Christian de Chalonges,  car le film sorti en 1982 fut  un échec public assez cuisant, malgré l'investissement de Jacques Perrin dans le rôle  principal pour porter cette histoire assez incroyable d'un  certain Donald Crowhurst qui avait bouleversé la planète entière et pas seulement l'Angleterre, son pays natal à l'époque des faits en 1968.

Inscrit dans le Golden Globe ,  Donald Crowhurst a  en effet mystifié tout le monde en racontant un tour du monde qu'il n'a jamais accompli. 

Une histoire rocambolesque, mais véridique, qui se termina par le probable suicide de son principal acteur et qu'un film et un livre remettent à la surface en ce début mars .

Lorsqu'en 1968, le Sunday Times organise un prix pour le premier solitaire qui fera le tour du monde à la voile sans escale et sans assistance, 9 participants décident de prendre le départ. et parmi  pas mal de loups de merd, un certain  Donald Crowhurst peu aguerri qui décide de s'élancer le dernier.

 Embarqué dans une histoire qui le dépasse, l'incroyable destinée d'un  Donald Crowhurst, prix à son propre jeu a obnubilité, pas mal de monde et notamment des artistes, de Challonges donc mais aussi des écrivains comme Jonathan Coe qui en parle longuement dans l'étrange de Monsieur Sim  et désormais James March ( auteur d'un excellent Shadow dancer et d'un plus banal une merveilleuse histoire du temps) qui en a fait un film Le jour de mon retour qui sort demain en salles et qu'on a pu voir il y a un mois lors du Festival du film Britannique de Villeurbanne.

 

 

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Certainement on peut tous se retrouver dans  Donald Crowhurst  car nous rêvons tous de connaître la gloire et être amené parfois à prendre des chemins parfois immoraux pour y parvenir. .

"Le Jour de Mon Retour"  bénéficie donc d'un potentiel scénaristique très fort avec en son centre un personnage assez proche d'un jean Claude Romand, le " héros" de l'Adversaire qui avait également mystifié son monde en inventant une vie autre que la sienne.

Malheureusement, là où Nicole Garcia -et surtout Emmanuel Carrère - réussissaient à tisser une réflexion  profonde sur la manipulation et sonder un psyché proche de la déraison, James March reste dans une illustration assez scolaire et plate des faits  et son récit n'a jamais la dimension épique et vertigineuse que le sujet aurait pu voir.

"Le jour de mon retour "se regarde non sans déplaisir, parce que la destinée de Crowhurst reste incroyable, mais le biopic est trop sage et prévisible- surtout pour ceux qui connaissaient déjà la tragique issu de son personnage principal..

Dommage pour la toujours délicieuse Rachel Weisz, qui campe l'épouse Clare, qui également est un personnage insaissisable et mystérieux  donnant la réplique à un Colin Firth qui se contente un peu trop du minimum syndical, à l'image de son réalisateur.. 

etrange voyageA cette mise en images trop sage pour convaincre, on préferera nettement se plonger dans le livre  L'étrange voyage de Donald Crowhurst de Nicholas Tomalin et Ron Hall, traduit de l'anglais par Jacques Mordal, dans une nouvelle édition paru aux éditions Arthaud début février. à l'occasion de la sortie du film .

Il est l'oeuvre de deux journalistes anglais qui ont livré, deux ans après ce drame humain,  une enquête particulièrement documentée et   minutieuse avec un recueil de témoignages de personnes qui ont cotoyé Donald Crowhurst.

Permettant de  mieux cerner l 'énigmatique personnalité  de Donald Crowhurst que le film avec Colin Firth, L'etrange voyage de Donald Crowhurst parvient à émettre quelques hyptohèses sans jamais édicter une vérité établie et sans jamais prendre parti pour telle ou telle option

La plus value du livre, ce sont surtout les  nombreux documents écrits retrouvés à bord,  retracent la longue errance  de son auteur dans l'atlantique  comme si on était  à bord du trimaran de Crowhurst à ses cotés. 

Un essai de bonne qualité à lire plutot qu'aller dans les salles de cinéma pour bien tenter de cerner la folie d'un homme a priori banal.