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"De nouveau, ce même cri déchirant, frénétique, poussé à pleins poumons. En provenance du 207. Les fenêtres du salon sont grandes ouvertes, les rideaux voltigent sous la brise. "Il fait bon aujourd’hui, m’a dit Bina. Pourquoi ne pas ouvrir une fenêtre ?"
Je scrute la maison des Russell. Mon regard va de la cuisine au salon, monte jusqu’à la chambre d’Ethan, revient vers la cuisine. Alistair a-t-il attaqué Jane ? "Il a tendance à vouloir tout contrôler" m’a-t-elle confié."

Voici très certainement l'un des polars et l'un des auteurs qui feront le plus l'évènement parmi ceux qui seront présentés à partir de vendredi à  cette nouvelle édition de quais du polar.

Champion des ventes  toutes catégories confondues dès sa sortie aux États-Unis et en Grande-Bretagne, salué par une presse presque toujours unanime, une femme à la fenêtre  est un redoutable thriller écrit par un certain  A. J. Finn- pseudo d'un certain Daniel Mallory éditeur new yorkais de 38 ans- paru aux éditions Presses de la Cité début février 2018.
Oppressant, ce huis clos new-yorkais assume pleinement son influence majeure  :  Alfred Hitchcock fait partie des sources d’inspiration de l’auteur et cela se ressent complètement au cours de la lecture.

On pense souvent à Fenêtre sur cour avec le même climat de paranoïa et de voyeurisme mélangé.  Dans le film, un homme cloué sur un fauteuil espionne ses voisins par la fenêtre de sa maison,  alors que dans le roman de Finn , une femme vit seule cloîtrée chez elle et passe une grande partie de son temps à espionner la vie de ses voisins. Jusqu’au jour où elle aperçoit une voisine qui lui a rendu visite se faire poignarder.

Elle appelle la police mais problème la femme qu’elle pense avoir identifié n’a jamais habité dans cette maison, aucun corps n’a été retrouvé et tout ce qu’elle raconte ressemble de plus en plus à des hallucinations. Comme elle prend médicaments et alcool, personne ne la croit et elle même doute. Alors a t elle rêvé ou pas ?

Dans la lignée des récents best seller anglo-saxons de ces dernières années ( Les apparences, la fille du train)  le livre tient le fil du  suspense psychologique avec une efficacité narrative évidente, et quelques passages obligés du genre.

Bien que l’auteur n’ait pas renouvelé le genre, l'auteur maitrise parfaitement son sujet :  les chapitres sont construits de façon à ce que le lecteur ait toujours envie d’aller plus loin et Finn  a particulièrement soigne son personnage principale, avec cette  héroïne au cœur d'une descente aux enfers et qui ne sait pas si les situations qu'elle observe sont réels ou pas.
Finn campe joliment  l'ambiance de son huis clos  avec une sensation d’enfermement bien rendue et une belle fluidité narrative d'ensemble.
Malgré une mise en place plutôt lente, mais qui montre bien le coté répétitif de la routine d'Anna, l'intrigue nous réserve son lot de rebondissement et de péripéties en tous genre.

Alors, certes les habitués à ce genre d'intrigue pourront comme moi deviner, avant qu'elles ne soient révélées la teneur de certains twist, ( surtout celui qui arrive à une centaine de pages de la fin) mais l'ensemble est d'une efficacité redoutable et  devrait d’ailleurs être prochainement adapté à l’écran puisque   la Fox est déjà en train de l’adapter pour le cinéma. avec  Joe Wright (Les Heures sombres) aux commandes !

AJ Finn à Quais du polar

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Editeur et journaliste, A. J. Finn a collaboré à de nombreux titres de presse, comme le Los Angeles Times, le Washington Post et le supplément littéraire du Times. Natif de New York, Finn a vécu dix ans en Angleterre avant de retourner s’installer dans la Grosse Pomme. Avec son premier roman, A. J. Finn a fait une entrée fracassante dans le monde du thriller. La femme à la fenêtre, publié en février 2018 aux Presses de la cité, a été vendu dans trente-huit pays et est déjà en cours d’adaptation pour le cinéma.

Autobiographie pour Quais du Polar

Quand j’étais enfant, mes meilleurs amis étaient Sherlock Holmes et Hercule Poirot. Doctorant, j’ai étudié la littérature policière, en particulier les travaux de Patricia Highsmith et Graham Greene. Après mes études, j’ai passé pratiquement dix ans dans l’édition, à Londres et à New York. Et finalement, j’ai décidé d’écrire moi-même un thriller : La femme à la fenêtre. Je suis devenu un écrivain à plein temps en Janvier 2018 !

Polars fétiches

livre : En trompe-l’œil, Josephine Tey

film :Les diaboliques, Henri-Georges Clouzot

auteur : Arthur Conan Doyle

 https://www.quaisdupolar.com/2018/auteurs/a-j-finn/