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Sorti en DVD il y a quelques jours,  12 jours, ce  magnifique documentaire est l’œuvre d’un cinéaste qui en a déjà un certain nombre à son palmarès, à savoir  Raymond Depardon  venu sur Lyon à l'occasion de sa sortie en salles et  qu'on avait eu l'immense  chance de rencontrer lors d’un entretien exclusif.

Dans 12  jours, Depardon  se permet de  fusionner ses deux obsessions la psychiatrie ( à qui il a consacré deux longs métrages il y a plus de trente ans, San Clémente puis Urgences, dans les années 80)  et le  fonctionnement de la justice  à qui il a également consacré deux films, ce Délits flagrants   ainsi quelques années plus tard que  10e chambre instants d’audience).

 12 jours ne déroge pas à sa marque de fabrique, et plus que jamais Depardon pose sur les personnes qu’il filme  ce même regard empli de respect et de compassion et réussit à être  toujours à la bonne distance, comme seul  peut être le photographe qu’il est à l’origine sait y être, parachevant cette sorte  de marque de fabrique, celle du photoreportage dont il l’est l’un des grands instigateurs.

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 En filmant pour la première fois les effets d’une loi de 2013 qui oblige les juges des libertés de recevoir un patient hospitalisé sous contrainte dans les 12 jours qui suit son entrée en établissement, Depardon et sa fidèle complice Claudine Nougaret ( présente aussi à Lyon lors de notre rencontre qui sont venus filmer 72 audiences de personnes internées à l’hôpital Vinatier de Lyon,  sont les premiers à rendre public une parole qui était jusqu’alors réservé uniquement aux psychiatres.

  Grand humaniste devant l’éternel, Depardon prend soin à ne jamais prendre de haut son sujet  et éviter toute raillerie et donner la parole à des personnes vulnérables que la société a tendance à ignorer totalement.

En France, il existe  chaque année 92 000 mesures d’hospitalisations psychiatriques sans consentement et c’est toute la force de ce cinéma de Depardon que de mettre le focus sur cet état de fait et  sur des échanges qui en disent énormément sur notre société actuelle ou l’aliénation sociale et la souffrance psychologique (notamment) t au travail avec une patiente salariée chez Orange) sont prégnantes.

 

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 La souffrance de ces dix patients montrés par Depardon ( sur les 72 filmés  en tout) est patente, comme l’est aussi ce besoin de parler et d’exprimer son mal être…

De fait,  si les effets de cette loi ont sans doute du mal à se vérifier sur un court terme ( les magistrats semblent  pour le moment être un peu réduits à une fonction d’enregistreur des avis des médecins) le besoin de s’exprimer d’un patient dont la parole n’était pas entendue avant la loi est évident, et cela le film de Depardon le montre superbement.

Depardon,  artiste travaillé toute sa vie par les questions de la liberté et de l’enfermement n’oublie pas non plus de filmer les patients à l’extérieur en leur offrant une respiration bienvenue et sublimée par des plans en scope et la très belle composition musicale d’Alexandre Desplat….

12 jours confirme donc l’importance d’un réalisateur qui a près de 75 ans n’en finit pas de nous livrer des œuvres d’une grande beauté et d’une  sublime évidence…

 

 

 Bonus : rencontre avec Raymond Depardon et Claudine Nougaret, cession d'enregistrement de la musique d'Alexandre Desplat (17 mn 11) - bandes annonces dont celle du film (1 mn 57)
• Éditeur : Arte Éditions