Après un premier billet il y a dix jours environ , on en remet une couche  sur la filitation entre deux auteurs polars islandais Arnaldur Indriðason et  Ragnar Jónasson, belle étoile montante de la littérature nordique?.

Et comme on a lu  deux ouvrages sortis récemment en poche- chez Points tous les deux de ces deux auteurs islandais, le " vieux" et le petit jeune on vous dit à quel point les deux nous ont enthousiasmé !

1. Betty ;  Arnaldur Indriðason

 

betty

" Je suis sur le lit et je pense à l'amour. Et au plaisir du sexe. Et à l'égoïsme, à la jalousie et à cette grande montagne qui crache du feu et qui s'appelle la haine. Quels sont ces sentiments et pourquoi nous gouvernent-ils avec tant de véhémence? Qu'est ce qui les enflamme? Qu'est ce qui enflamme l'amour et la haine, sentiments si différents et pourtant on ne peut plus semblables?"

Dans sa cellule, un homme fait le récit de sa rencontre avec la belle et irrésistible Betty. Il raconte la découverte du mari de celle-ci assassiné, et comment il a été accusé de ce meurtre.

Arnaldur Indridason, change de son registre habituel et opéère un virage à 90 degres avec une sorte d exercice de style, qui nous met face à nos idées préconçues, en tissant une  intrigue machiavélique  pleine de rebondissement autour d'une femme fatale que ne reneriait pas le cinéma hollywoodien...

Bien  éloigné des précédents romans de l'auteur, le virage déconcerte un tant mais séduit largement  : les enquêteurs sont  au second plan, et le style langoureux, et personnages semblent être  sortis  tout droit des films américains  des années 30.

Au début, l'intrigue semble simple et prévisible...et puis, tout d'un coup, tout ce que  l'on pense comprendre est remis en question avec un twist final qui donnerai presque envie de tout reprendre depuis le début...cette  surprise de taille nous oblige à tout reconsidérer et nous amène dans une autre histoire. de façon assez bluffante. 

! A la fois désuet et très moderne,  particulièrement prenant, "Betty" est en tout cas un de ces romans qui ne s'oublie pas.

 

2 Mörk, Ragnar Jonasson

9782757869536"Pas spécialement effarouché non plus, mais il y a toujours eu une trouille en moi, tapie dans un coin de ma tête. C'est peut-être celle qui remonte à la surface, elle qui essaie de s'échapper.. Cette timidité que j'ai en moi, d'aussi loin que je me souvienne. Il y a bien une raison à cela, plusieurs même j'en suis sur.."

 Bonne nouvelle :  l’inspecteur Ari Thor est de retour ,pour un troisième  ou second volet,   car tout  dépend comment on se place  : en effet, après Snjor le premier volet,  sachez que "Natt " sorti récemment en grand format en France a été écrit avant ce Mörk mais de toute façon ut les lire les  3  de manière indépendante des deux autres ).

 Dans cette nouvelle ( troisième ou seconde donc ) enquête de l’inspecteur Ari Thór située dans  la petite ville de Siglufjördur, perdue au bout du monde,  notre ami policier  commence l'histoire  cloué dans son lit à cause d'une méchante grippe.

Remplacé pour un soir par  son supérieur l'inspecteur Herjólfur qui le remplace celui ci  se fait assassiner devant une vieille maison abandonnée, située à l'écart de la ville. Remis de sa grippe,  Ari Thór va retrouver son ancien chef Tomas qui a été fraîchement muté dans la capitale, pour mener cette enquête ensemble. 

 Les rapports humains sonnent juste sous la plume de Jonason, sans pathos ni surenchère. Ici, l'intrigue  entrecoupée d'extraits du journal d'un interné en psychiatrie

L’écriture est fluide, les chapitres courts, ce roman noir oppressant et complexe se lit très facilement. Le rythme est soutenu ; les chapitres sont brefs et prennent la voix des personnages les plus impliqués dans le récit.

Car quel bonheur de repartir en Islande, plaisir de retrouver un personnage en proie à ses questionnements personnels…

Bref, cette nouvelle enquête  de Ragnar Jónasson tient toutes ses promesse et , vous savez quoi? on a appris cette semaine que le quatrième volet ( vraiment quatrième là d'Ari Thor va sortir à la rentrée de septembre en France et qu'il s'agirait encore d'une vilaine maladie et plus précisemment d'une  épidémie de fièvre («sótt » en islandais), mais chut....