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 LA FÊTE DES MÈRES sort de manière assez opportuniste ce mercredi 23 mai, soit juste avant le dimanche de fête des mères.

Après tout, quoi de plus logique comme date de sortie pour un film qui prend la Fête des Mères comme point de départ et comme fil conducteur à l'ensemble de la dizaine d’histoire qui compose cette œuvre chorale dans la plus grande tradition. Mais heureusement, après vision, reconnaissons que le film vaut bien plus qu'un simple objet mercantile qui serait sponsorisé par une célèbre marque de fleur..

 

2 (c) Guy Ferrandis

  Si les américains ont souvent balayé ces idées de films concepts de film choraux autour d'une date ou d'un thème précis (La Saint Valentin/ Noël et même la fête des mères avec un pas terrible et bien mièvre JOYEUSE FÊTE DES MÈRES de Gary Marshall), le cinéma français était assez peu allé sur ces terres-là, et il est finalement assez logique que ce soit Marie-Castille Mention-Schaar qui s’y colle.

Depuis plusieurs années depuis 2012, Marie-Castille Mention-Schaar, connue pour son activité de productrice, qu'elle continue d'ailleurs toujours (elle a récemment produit le très beau le rire de ma mère actuellement en DVD) est devenue  réalisatrice de 5  longs métrages, et enchaine les films avec une régularité de métronome.

1 (c) Guy Ferrandis

Si a réalisatrice  s’est souvent intéressée à des faits qui ont fait l’actualité, notamment "Le Ciel Attendra", un sujet brûlant sur la radicalisation de deux jeunes filles, elle aborde ici un thème un peu plus léger et moins en prise avec l’actualité directe avec ce récit qui englobe plusieurs  histoire des femmes, qui, aussi différentes soient elles, sont toutes animées par une seule et unique chose : l’instinct maternel.

 Dans la FÊTE DES MÈRES, Marie-Castille Mention-Schaar parle en effet de ces 1001 façons d’être mère dans les années 2010 avec un panel représentatif des professions et des classes sociales : présidente de la République, nounou, boulangère, comédienne, prof, fleuriste, journaliste, sans emploi ou prostituée.

Cette ode à la femme d’aujourd’hui  avec ses tracas et ses questionnements de mère nous montrent ainsi des mamans tour à tour bienveillantes, maladroites, absentes,  possessives,  malades, débordées, culpabilisantes, indulgentes, aimantes, fragiles ( liste non exhaustive..) pour un film choral qui lorgne aussi bien du côté de Robert Altman ( toutes proportions gardées) que de "Love Actually" ou  pour rester en France, de certains Lelouch (plutôt les meilleurs de sa filmographie trop inégale, ouf!)

Photo-du-film-LA-FETE-DES-MERES

Le sujet est traité sous toutes les coutures,  entre la mère absente, la mère aimante, le fils omniprésent ou encore la maternité homoparentale, sans que cela donne (trop) l’impression de virer au catalogue exhaustif de la société.

 On pourra peut-être reprocher à la narration  d’aligner un peu trop de personnages sur  une durée aussi courte ce qui empêche forcément de trop creuser certains  qui ne restent qu’en l’état de silhouettes, et à l’heure où les séries prennent le temps de bien explorer personnages et situations des dizaines d’heures, cela peut un peu frustrer.

 

8 (c) Guy Ferrandis

Mais le plaisir de regarder cette jolie fresque tendre, parfois drôle et mélancolique, est évident , les histoires s'enchainent souvent avec une belle fluidité, et le film gagne même en émotion à fur et à mesure du film avec quelques très belles scènes (celle de l’ile flottante notamment ou celle avec Nicole Garcia et Vincent Dedienne à la fin du film) qui dégagent une belle émotion jamais racoleuse.

4 (c) Guy Ferrandis

Bref, « La Fête des mères » célèbre nos mamans entre émotion et sincérité et pour autant,  les hommes, bien qu'en arrière plan ne sont pas oublié non plus.

Et comme dans tout bon film choral, "La fête des mères"  est l’occasion pour certains grands acteurs, et plutôt actrices , de livrer même sur un temps court de très solides prestations et ce ne sont pas forcément les comédiennes les plus connues du générique qui tirent le plus leur épingle du jeu.

On pense à Pascale Arbillot émouvante en sœur la plus en retrait de la famille ou surtout. Olivia Côte, plus habituée aux rôles de comédie et ici  particulièrement émouvante dans un rôle d’enseignante qui tient totalement à être nullipare.

Olivia Côte, justement, on a eu la chance de la rencontrer, en compagnie de Marie-Castille Mention-Schaar et de l’actrice Jeanne Rosa, lors de la présentation de son film à Lyon le 2 mai dernier et on reviendra très rapidement pour vous raconter comment c’est passé cette rencontre.